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Feurs : une mosquée turque flambant neuve 26 mai 2009

Posted by Acturca in France, Immigration, Religion, Turkey / Turquie.
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Le Progrès (France)

26 mai 2009, p. 1

p. 18

La mosquée turque : « cadre religieux et espace social »

Messieurs Arkin, président, Yole, trésorier, Yoksel et Abali, adhérents, nous ont chaleureusement accueillis à la mosquée.

Quand a-t-elle été édifiée ?

Il existe deux mosquées à Feurs : l’une arabe, l’autre turque. Nous butons sur l’obstacle de la langue pour nous comprendre. En 2004, nous avons décidé d’acheter une vieille maison, route de Valeille. Pendant cinq ans, nous avons travaillé à rénover les locaux. Le chantier vient de prendre fin il y a six mois.

Dans quel style a été bâtie cette mosquée ?

À l’intérieur, c’est un style complètement turc. Il faut savoir qu’en Turquie, une mosquée doit correspondre à des normes esthétiques. Nous avons retenu le principe de mosaïques de faïences turquoise des murs. Mais ce produit n’est pas fabriqué en France ! Nous l’avons importé de Turquie. Les tapis et les carrelages extérieurs aussi.

Combien y a-t-il de pièce ?

Il y a une salle de prières à deux étages, une salle pour dispenser des cours de religion, un petit local où tout le monde peut se réunir, ainsi qu’une petite épicerie.

Quel est le statut juridique de cette mosquée ?

Elle est considérée comme une association, avec un bureau élu. Les adhérents payent une cotisation. Ces recettes, et celles de la petite épicerie, nous servent à payer les charges, les taxes indispensables à la vie de ces lieux.

Combien de personnes viennent prier ici ?

Les jours de fêtes religieuses, cela peut aller jusqu’à 480 personnes. Chaque vendredi vient une centaine de personnes. Mais quotidiennement, ce serait plutôt une quinzaine. Elles viennent surtout de Feurs et des environs. On remarquera la mixité d’âge, à la fois des hommes ou des femmes.

Cette mosquée semble dépasser le cadre religieux. C’est aussi un espace social, semble-t-il ?

Oui, les jeunes viennent au local se réunir, regarder un match. Les femmes font des activités ensemble. Chaque personne peut décider de monter un projet. Cette mosquée fait office de lieu public. Toute personne, même non musulmane, peut venir participer aux activités, ou même la visiter, tant qu’elle adopte une attitude respectueuse.

D’ailleurs, comment réagit le voisinage ?

Le voisinage a plutôt bien accepté la présence de la mosquée. Feurs-Pneus nous a même offert des moellons !

La mosquée, un lieu ouvert

La mosquée n’a pas pour but de vivre en autarcie. Elle veut s’ouvrir sur le reste de la ville. Ainsi, de nombreuses activités sont proposées.

Samedi, par exemple, a été donnée à la maison de la commune une conférence sur la place de la communauté turque en France.

Des jeunes ont, ce même jour, participé à un tournoi de football.

Au mois d’octobre, aura lieu une kermesse organisée par les femmes turques. Cette fête sera ouverte à tous, et les fonds récoltés permettront de financer les activités de la mosquée.

Combien a-t-elle coûté ?

Elle est revenue à 250 000 euros environ. Elle a été entièrement financée par la communauté turque, la mairie n’ayant donné aucune subvention. En fait, donner de l’argent aux pauvres et pour la construction d’une mosquée, fait partie des cinq piliers de l’Islam, c’est-à-dire ce que doit faire tout bon musulman dans sa vie. Il a donc suffi à la communauté turque d’activer ses réseaux. Car les familles de ces populations immigrées de Turquie ont été dispersées sur le territoire français, voire international, lors de leur venue en Occident. Mais les contacts sont restés. Les Turcs foréziens ont donc demandé à leurs familles de tout horizon (Lyon, Saint-Etienne, mais aussi Belgique, Allemagne) de faire des donations. M. Arkin, président de la mosquée, a été l’un des plus actifs. « Je suis allé partout, confie-t-il, Hollande, France, Allemagne, Autriche. J’ai fait en tout plus de 265 000 km pour trouver des financements. Et si, si, sa voiture marche encore ! »

Qui est l’imam ?

L’imam de la mosquée, M. Arabdurahman, retraité, vient de Saint-Etienne :« Nous avons eu des difficultés à trouver une personne sur Feurs, ayant à la fois les connaissances indispensables en matière religieuse, et disposant d’un espace temps satisfaisant pour assurer les cinq prières quotidiennes », précise un membre de la communauté. « Avant, nous trouvions des gens qualifiés pour les fêtes religieuses, mais leurs activités professionnelles les empêchaient d’assumer la totalité du travail. » C’est ainsi qu’on a fait appel à M. Arabdurahman. Ce chaleureux vieil homme a étudié à l’école coranique en Turquie, avant d’être sept ans imam là-bas. Puis, il a émigré à Saint-Etienne, comme travailleur. « C’est donc tout naturellement , nous a-t-il dit , que j’ai décidé de consacrer bénévolement mon temps libre à la mosquée de Feurs».

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