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UE/Turquie: Ankara presse l’UE à ouvrir le commerce direct avec Chypre nord 26 juin 2009

Posted by Acturca in EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Agence Europe

26 juin 2009, Bruxelles

Si l’UE décidait de mettre un terme à l’isolation de la partie nord de Chypre en permettant à ses États membres d’avoir des relations de commerce directes avec la communauté turque de l’île, la Turquie serait prête à ouvrir ses ports et aéroports aux navires et aéronefs chypriotes comme elle est obligée de le faire au titre du protocole additionnel à l’Accord d’Ankara sur l’extension de l’Union douanière UE/Turquie à tous les nouveaux États membres (y compris Chypre), a déclaré jeudi le négociateur en chef de la Turquie pour les négociations d’adhésion à l’UE. Il est absurde de voir qu’en bloquant au Conseil la proposition de règlement la Commission de 2004 sur le commerce direct entre l’UE et le nord de Chypre, les Chypriotes grecs « empêchent » leurs 26 partenaires de l’UE de faire du commerce avec la communauté turque alors qu’eux-mêmes le font à travers la « ligne verte », a estimé Egemen Bagis devant quelques journalistes à Bruxelles.

Le fait d’entretenir des relations commerciales avec le nord ne doit pas signifier que l’UE reconnaisse automatiquement la République turque de Chypre du nord (RTCN) « car beaucoup de pays font du commerce avec Taiwan sans la reconnaître officiellement », a souligné M. Bagis. De la même façon, une ouverture des ports et aéroports turcs aux Chypriotes ne voudrait pas dire qu’Ankara reconnaît la République de Chypre, a-t-il dit, plaidant pour une approche pragmatique. La question des ports et aéroports turcs est cruciale pour la poursuite des négociations d’adhésion de la Turquie car c’est en raison de la non-application du protocole d’Ankara sur l’extension de l’Union douanière (aussi à Chypre) que l’UE a décidé en décembre 2006 de suspendre les pourparlers sur huit chapitres. En décembre, le Conseil devra réévaluer cette décision sur la base du rapport de la Commission. Si Ankara ne bouge pas d’ici là, la suspension devrait être confirmée.

M. Bagis s’est aussi dit « optimiste » qu’une solution pourra être trouvée d’ici la fin de l’année au problème de la division de Chypre. « Je vois en tout cas une grande volonté d’aboutir du côté des Chypriotes turcs », a-t-il dit. Le leader de la communauté chypriote turque, Ali Mehmet Talat, a le « plein soutien » d’Ankara pour négocier une réunification équitable et acceptable pour tous.

À propos des négociations d’adhésion avec l’UE (qui continuent très lentement avec seulement dix des 35 chapitres ouverts – un 11ème sera ouvert le 30 juin, voir EUROPE d’hier – et un seul dossier fermé), M. Bagis a clairement réitéré que « seule l’adhésion » sera acceptable. « Ce sera tout ou rien », a-t-il dit. Ankara attend beaucoup de la Présidence suédoise de l’UE (la Suède, a-t-il dit, est un grand supporter de la cause turque avec tous les partis représentés au parlement étant favorables à l’adhésion du pays à l’UE, a-t-il remarqué). Sans vouloir se prononcer sur le nombre de chapitres qui pourraient être ouverts d’ici la fin de l’année, M. Bagis a cité les dossiers « potentiellement ouvrables » suivants: politique sociale, environnement, concurrence, éducation/culture et énergie. Chypre bloque toujours ces deux derniers chapitres mais la Turquie espère que le « bon sens » dominera et que les autres pays membres parviendront à convaincre Nicosie de lever son véto.

Le fait que le nouveau Parlement européen soit plus que jamais peuplé d’élus eurosceptiques, nationalistes et souvent hostiles à l’adhésion de la Turquie n’inquiète pas outre mesure M. Bagis. De toute façon, ce ne sera pas ce parlement-ci, mais plutôt celui qui sera en place pour la législature 2014-2019 qui devra voter sur l’adhésion du pays, dit-il. De plus, au moment de la conclusion des négociations, « la Turquie sera un pays complètement différent d’aujourd’hui tout comme l’Union européenne sera très différente ». Étonnamment,

M. Bagis soutient l’idée que des pays membres organisent des référendums nationaux sur l’adhésion de la Turquie, une fois que le processus de négociation aura été achevé. Et il est confiant que ces référendums dans les pays membres ne seront pas un obstacle à l’adhésion de son pays. Il n’exclut même pas que le soutien de la population dans les États membres en faveur de la Turquie sera plus importante que celle de la population turque qui sera également consultée par référendum à la fin du processus: « On pourrait se trouver dans une situation où les Européens devront convaincre le peuple turc que c’est dans leur intérêt de rejoindre l’Union ». En attendant, la Turquie poursuit ses réformes car celles-ci devront de toute façon être réalisées, avec ou sans adhésion à l’UE, souligne M. Bagis.

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