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« Vous aimez les kebabs, nous aimons la pétanque ! » 14 juillet 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, France, Immigration, Religion.
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Ouest-France,  mardi 14 juillet 2009

Magali Grandet, Nantes

Ce soir, la fête républicaine à la nantaise se place sous le signe de la Turquie. Environ 6 000 Turcs vivent à Nantes. Entre partie de boules et thé, rencontres à l’association culturelle turque.

« Les Français ont adopté les kebabs, les Turcs ont adopté la pétanque ! » Umit Demirel, 31 ans, secrétaire de l’association culturelle turque, sourit. Dans la cour du centre associatif, rue du Jamet, où se retrouve la discrète et très solidaire communauté turque, quelques anciens pointent et tirent. À l’ombre du petit café, la télévision retransmet un match de football. Là, Remzi prépare le thé sous le regard d’Atatürk, le fondateur de la République turque en 1923.

Meryem Gundogdu, responsable de la section jeunes, revient tout juste d’un « ravitaillement » pour préparer les mets servis ce soir. « La Turquie possède la 3 e cuisine du monde. Le kebab ne représente pas 1 % ! » Ce soir, le börek, pâte garnie de fromage, de viande hachée ou d’épinards, devrait séduire les papilles, accompagné de l’ayran, délicieux yaourt salé coupé avec de l’eau qui se boit très frais. « En fait, yaourt est le seul mot de la langue française qui vient de la langue turque », souligne Meryem Gundogdu, 20 ans, qui s’accommode parfaitement de sa double culture, tout juste se souvient-elle de difficultés à son entrée à l’école alors que ses parents parlaient peu français.

« Notre présence au 14 juillet va permettre de faire connaître notre civilisation et de casser des stéréotypes. Comme celui qui veut que le Turc parle arabe, parce que nous avons la religion en commun. C’est faux, le Turc parle la langue turque, cousine de la langue mongole », note Umit Demirel.

Main-d’oeuvre chez les maraîchers

Environ 6 000 Turcs, dont 10 % de Kurdes, vivent à Nantes. Les premières arrivées se sont échelonnées entre 1971 et 1974. Les maraîchers, le bâtiment recherchaient de la main-d’oeuvre. À l’image du père d’Umit, qui a quitté Aksaray, en Anatolie, ils sont venus du Centre, du Nord et de l’Est de ce vaste pays de 72 millions d’habitants. Autrefois rassemblés à Nantes quartier Bellevue ou des Dervallières, ils habitent aujourd’hui la couronne nantaise. « Ils disaient qu’ils resteraient 10 ans et reviendraient ensuite au pays. Et puis, ils ne sont pas repartis. Ils sont devenus propriétaires et vivent à Saint-Herblain, au Temple-de-Bretagne, à Couëron, etc. Nous nous connaissons tous », confie Umit Demirel, qui rend visite à sa famille tous les deux ans. Né à Nantes, il dit ne pas avoir souffert de problèmes d’intégration. Lui milite pour dire encore et toujours que la Turquie « est un pays laïc dans sa constitution. Notre participation ce soir s’inscrit aussi dans l’idée que la Turquie doit faire partie de l’Union européenne ». Dix ans avant la France, la terre d’Umit et Meryem a accordé le droit de vote aux femmes en 1934.

Ce mardi, à partir de 18 h, quai de la Fosse, salon de thé, gastronomie turque, musiques traditionnelles. 21 h 30, Gevende, nouvelle révélation de la scène musicale turque. 23 h, feu d’artifice avec la création musicale de Rasim Biyikli et de DJ Yakusa. 23 h 20, Mercan Dede, symbiose parfaite entre tradition ottomane et modernité occidentale.

Dans la mosquée, le bleu des fresques

L’association culturelle turque, à l’étroit dans ses murs, déménagera en août dans le centre culturel turc, à côté de la toute nouvelle mosquée, boulevard du Bâtonnier-Cholet. « C’est un grand projet porté par l’association », se réjouit Umit Demirel, qui espère une ouverture avant le début du ramadan, le 21 août. D’un côté, le culte, de l’autre côté, la culture. Le centre comprendra un café, une épicerie et une bibliothèque. Umit Demirel espère que les Nantais viendront nombreux le découvrir. Le minaret de la mosquée est aujourd’hui installé, il culmine à 20 mètres de haut. Dans la salle de prière des hommes, au rez-de-chaussée, les murs se sont habillés de fresques colorées, le travail minutieux de Kiyas Evluyasglu, peintre-calligraphe, bénévole de l’association. « Reste aujourd’hui à disposer le tapis, les faïences et le lustre magistral. »

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