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A Istanbul, les maisons closes de la rue de la Girafe sont  » menacées  » de fermeture 19 juillet 2009

Posted by Acturca in Economy / Economie, Istanbul, Turkey / Turquie.
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Le Monde (France), 19 juillet 2009, p. 7

Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance)

La petite impasse, dissimulée derrière une épaisse porte métallique et nichée à l’ombre de la tour de Galata, dans le coeur historique de la ville, est l’une des rues les plus célèbres d’Istanbul. La rue de la Girafe, qui abrite une quarantaine de maisons closes, est dédiée à la prostitution, activité légale en Turquie. Mais le maire d’Istanbul, Kadir Topbas, a d’autres projets. Profitant d’un important plan de rénovation du centre, la municipalité veut fermer la rue de la Girafe et transformer cet espace en jardin public avec des petits ateliers d’artisans, a annoncé Kadir Topbas, fin juin. Les 150 prostituées qui y travaillent devront donc déménager.

Cette annonce relance le débat sur la législation turque qui encadre la prostitution. Le système local permet aux travailleuses du sexe d’avoir accès à la sécurité sociale, à la retraite et aux contrôles médicaux.  » On nous explique qu’en Suède la prostitution est interdite, que c’est un commerce indigne. Je veux bien. Mais les maisons closes protègent ces filles « , plaide Belgin Celik, militante transsexuelle qui, en mars, s’était portée candidate aux élections municipales dans le quartier.

 » Que vont-elles devenir ?, poursuit-elle. On doit penser aux problèmes qu’elles risquent de subir si on les envoie dans la rue : la violence, les maladies…  » La décision de fermer les célèbres bordels serait motivée, selon elle, par les valeurs religieuses du parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir et issu de la mouvance islmamiste.  » L’AKP a toujours eu ça en tête. Recep Tayyip Erdogan en parlait quand il était maire d’Istanbul « , explique Belgin Celik.

Le choix d’une autre vie

Dans les années 1990, la rue de la Girafe était le domaine de Mathilde Manoukian. Propriétaire de nombreuses maisons,  » Madame Mathilde  » était une figure de la société stambouliote et l’une des femmes d’affaires les plus riches du pays. Depuis son décès, en 2001, le commerce vivote péniblement.

Vers 11 heures du soir, à l’ouverture des maisons, les vigiles contrôlent l’identité des premiers clients dans l’impasse interdite aux mineurs et aux étrangers. Les filles parlent peu de leurs conditions de travail.  » Dans ces maisons, il y a la drogue, le sida… J’ai vu des corps décapités, des avortements forcés à six mois, raconte Ayse Tükrükçü, une ancienne pensionnaire retraitée depuis 1996 et l’une des seules à briser le silence. Moi, j’ai été violée par un policier pendant une semaine. Si je m’étais plainte, il m’aurait tuée et on aurait retrouvé mon corps sous un pont. La fermeture de ces maisons serait une très bonne nouvelle. Il faut donner aux filles le choix d’une autre vie. « 

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