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Revirement turc 20 octobre 2009

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Le Figaro (France),  20 octobre 2009, 15

Pierre Rousselin

Il y a des mois que les relations privilégiées entre Israël et la Turquie se dégradent. Contenue jusqu’à présent, la crise s’emballe et remet en cause les fondements de la diplomatie d’Ankara.

Le coup de sang du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, lors d’un débat, en janvier, avec le président Shimon Pérès, au Forum de Davos, a été le premier signe du revirement à Ankara.

Erdogan s’en prenait à Israël à propos de l’offensive à Gaza. Son objectif était évident : flatter son opinion publique. Sa diatribe avait aussi été remarquée dans la région. Elle montrait que la Turquie entendait rester dans le camp des pays musulmans, malgré ses très bons rapports avec Israël et ses efforts de médiation sur la question palestinienne avec le Hamas comme sur le dossier israélo-syrien.

En juillet, Erdogan récidivait, mais sur un tout autre sujet, celui de la répression des Ouïgours en Chine, qu’il qualifiait de  « génocide » . Là aussi, l’intention était claire : présenter la Turquie comme le défenseur des musulmans partout dans le monde.

Avec Israël, il ne s’agit plus seulement de paroles. Ankara vient d’annuler sa participation à des manoeuvres aériennes conjointes, organisées chaque année avec le concours de l’Otan. La Turquie signifie à ses partenaires qu’elle a moins besoin d’eux que l’inverse. Cela vaut pour Israël, mais aussi, dans une certaine mesure, pour les États-Unis et l’Alliance atlantique.

Deux raisons expliquent le changement d’attitude d’Ankara.

Sur le plan intérieur, l’AKP, le parti islamiste modéré au gouvernement, consolide sa base populaire tout en imposant sa volonté à l’état-major militaire, fer de lance du camp laïc, que l’on sait attaché à la coopération avec Israël.

Sur le plan international, la Turquie marque son indépendance et se rapproche du camp arabo-musulman. Pourquoi maintenant ? Dix-septième puissance économique mondiale, la Turquie veut peser dans la région. Délaissée par l’Europe, elle se tourne vers le Moyen-Orient tandis que la réconciliation avec l’Arménie lui permet de se rapprocher de la Russie.

Pour préserver ce rôle central, la perspective d’une épreuve de force avec l’Iran ne milite pas en faveur de manoeuvres conjointes avec l’armée de l’air israélienne, surtout à la veille d’importants exercices militaires israélo-américains.

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