jump to navigation

Casse-tête turc pour Renault et Sarkozy 28 janvier 2010

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Turkey / Turquie.
Tags: , , , , , , ,
trackback

Courrier International (France), 28 janvier 2010, p. 9

Ufuk Sandık, Sabah (Istanbul)

Produire ou non la Clio IV en Turquie. C’est en ces termes que le président français a posé le débat. Mais il méconnaît l’importance du site de Bursa dans la stratégie mondiale du constructeur.

Le président français Nicolas Sarkozy n’aime pas la Turquie. Ce n’est un secret pour personne. Je ne veux pas dire qu’il doive nous aimer absolument. Mais cette fois, franchement, ses dernières décisions commencent vraiment à nous faire du tort. Il est donc temps de lui dire “ça suffit”. Le chef de l’Etat, qui est contre l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, s’est clairement opposé, à la mi-janvier, à la poursuite d’investissements français dans notre pays. L’inimitié que Nicolas Sarkozy éprouve à l’égard de la Turquie est apparue très nettement aux yeux de tous lorsque la presse française a annoncé que la production de la nouvelle Clio se ferait désormais à Bursa, dans le nord-ouest du pays. Alors même que le patron de Renault, Carlos Ghosn, annonçait qu’une telle décision n’avait pas encore été prise, Sarkozy faisait déjà part de sa mauvaise humeur. Il a donc convoqué Ghosn, le 16 janvier, à l’Elysée, et lui a fait promettre qu’une partie de la production de la Clio IV se ferait à Flins, dans les Yvelines. C’est ainsi que la polémique entre Sarkozy et Renault a momentanément connu son épilogue.

En agissant de cette façon, à quelques semaines des élections régionales des 14 et 21 mars, Sarkozy a caressé l’électeur français dans le sens du poil. Il s’est donné l’image d’un homme politique qui défend l’économie nationale et le droit des travailleurs. Toutefois, lui et les Français négligent un point très important. A savoir que la Turquie est, dans le secteur automobile, extrêmement utile tant à Renault qu’à la France. Des voitures Renault sont en effet produites depuis 1969 sur le site de Bursa. Sur huit véhicules Renault fabriqués dans le monde, un sort des chaînes de montage de Bursa. C’est là que se trouve la septième plus grosse usine Renault dans le monde – la troisième si l’on ne tient pas compte de l’Europe. Via sa filiale Oyak-Renault, Renault est le premier producteur et premier exportateur de véhicules particuliers en Turquie, et se révèle l’une des marques automobiles les plus vendues dans le pays. Des voitures Renault circulent par millions sur nos routes. Bursa propose également de gros avantages en matière de coûts de production. Un véhicule produit dans cette usine revient en effet 10 % moins cher que le même véhicule produit en France.

Le site de Bursa fait donc gagner beaucoup d’argent à Renault et à l’Etat français, premier actionnaire avec 15 % des parts de la société. Et Bursa, qui a joué, jusqu’à cette année, un rôle primordial dans l’histoire de la régie Renault, va continuer à être un acteur essentiel dans la stratégie du groupe, alors même que le secteur automobile est en pleine restructuration mondiale. Nicolas Sarkozy, lui, n’est là que pour un temps. En revanche, rien ne pourra altérer l’importance que revêt Bursa pour la France.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :