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Forts comme des Turcs 27 mars 2010

Posted by Acturca in Art-Culture, France.
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Sud Ouest, Samedi 27 Mars 2010, p. 26

Propos recueillis par Christophe Loubes

En résidence depuis une semaine à Cenon, Istanbul Sessions joue entre autres ce soir à Ambarès-et-Lagrave. Rencontre avec le leader, Ilhan Ersahin

« Sud Ouest » : Vous jouez plusieurs fois en Gironde dans le cadre d’une programmation intitulée « Une autre Turquie ». Vous sentez-vous toujours Turc, vous qui êtes né en Suède et qui vivez à New York depuis de nombreuses années ?

Ilhan Ersahin : Ces histoires de nationalités ne m’intéressent pas. Quand on me demande si notre venue en France à une connotation politique alors que la Turquie cherche à rentrer dans l’Union européenne, je réponds que notre percussionniste est kurde ; nous n’avons rien à voir avec ces débats sur le passé de la Turquie. Notre musique ne cherche pas à exprimer une identité nationale. Nous n’improvisons pas sur des gammes traditionnelles. Nous appartenons à une génération qui écoute toutes sortes de musiques et qui vit à l’heure d’Internet et des échanges entre cultures différentes.

Vous n’utilisez pas d’instruments polyphoniques. Original, non ?

Parmi mes formations jazz préférées, il y a celles montées par Sonny Rollins, Joe Henderson ou Tony Williams en trio, avec juste un sax et une section rythmique. Ça a compté dans ce choix. Mais, surtout, avant d’être une combinaison d’instruments, Istanbul Sessions est une combinaison d’être humains et il se trouve qu’aucun d’entre nous n’utilise de claviers ou de guitare.

C’est autour de nous quatre que ce projet est né. À nous, donc, de trouver une autre manière de remplir l’espace sonore, en utilisant des effets électroniques, en travaillant sur les harmoniques ou en invitant notre bassiste à jouer des accords. Tout cela se fait naturellement, même en l’absence du trompettiste Erik Truffaz, qui joue sur notre album mais qui n’est pas avec nous en Gironde. Nous avons l’habitude de composer ensemble, ce qui n’est pas la même chose qu’une jam session ou on ne fait qu’enchaîner les solos.

Vous gérez un club à New York, le Nublu. Comment articulez-vous cette activité à votre activité d’artiste ?

Nous avions envie d’avoir un endroit pour nous retrouver et élaborer des projets ensemble. Le Nublu s’est monté en 2002 sans publicité. Le bouche-à-oreille a fait que de plus en plus de gens s’y sont intéressés. Les artistes programmés ont tous un lien avec le jazz, mais ils peuvent appartenir aux monde des musiques brésiliennes, du rock ou de l’electro. Tout cela m’a beaucoup inspiré en retour dans mon travail de musicien. Ne serait-ce que parce que certains de mes groupes ont été créés spécialement pour jouer au Nublu.

Vous allez vous rendre plusieurs fois dans des établissements scolaires girondins. Vous pensez que cela fait partie de votre travail ?

Nous sommes des professionnels. Si on nous demande de le faire, nous le faisons. Il est vrai qu’aucun de nous n’est enseignant mais nous pouvons essayer de communiquer ce que représente la musique pour nous et guider des jeunes musiciens : leur dire ce qu’ils devraient laisser tomber et ce qu’ils devraient développer dans leur jeu. Et surtout les encourager à développer leur personnalité à travers la musique plutôt que de chercher à copier d’autres artistes.

Istanbul Sessions, ce soir à 20 h 30 au pôle culturel Évasion, place de la République à Ambarès. Tarif : 6 à 12 euros. Tél. 05 56 77 36 26

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