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L’ombre de la Grèce s’étend sur le Sud-Est de l’Europe 6 mai 2010

Posted by Acturca in Economy / Economie, EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est.
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Trends/Tendances (Belgique), 6 mai 2010, p. 116

Par Etienne Langerwerf

Selon certains analystes, la Grèce pourrait mettre ses voisins en difficulté. Faut-il fuir les investissements dans cette région ? Enquête.

Le drame grec s’est largement étalé dans la presse et le taux d’intérêt des emprunts publics grecs prend des proportions astronomiques. En raison notamment du manque d’empressement de l’Allemagne à secourir la Grèce, la solution ne semble pas aller de soi. Et son appartenance à la zone euro l’empêche de recourir à l’arme monétaire, c.-à-d. à la dévaluation, pour se tirer d’embarras. Selon le célèbre économiste américain Nouriel Roubini, elle pourrait à terme se voir forcée de quitter la zone euro. L’attention des spéculateurs se porte maintenant de plus en plus sur le Portugal et l’Espagne, que l’on considère souvent comme les pièces de domino suivantes. La récente baisse de leur notation par les agences spécialisées a tout naturellement apporté de l’eau au moulin de la spéculation. Tous ces développements ont quelque peu détourné l’attention des pays du Sud-Est de l’Europe, qui sont tout aussi susceptibles de subir la contagion des difficultés grecques. Voici un tour d’horizon où nous essayons d’y voir plus clair dans cette problématique.

La Grèce a été le premier pays « pauvre » à rejoindre l’Union européenne en 1986 et la zone euro en 2001. Ces dernières années, le pays de Platon et de Socrate a servi de pont entre l’Union européenne et les nouveaux Etats membres et pays candidats du Sud-Est de l’Europe. Il existe en effet de nombreux liens culturels, historiques, commerciaux et financiers entre ces pays. La Grèce est ainsi devenue un important investisseur en Roumanie, Bulgarie, Albanie et Serbie, entre autres. Les banques grecques ont élargi leur présence dans la région avoisinante : 20 % des actifs des grandes banques hellènes sont situés dans le Sud-Est européen, en Turquie et en Ukraine. Or, dans ces pays, le ratio de prêts sur dépôts est à ce point élevé que les filiales locales sont dans une large mesure dépendantes de l’appui des banques mères en Grèce. Les difficultés économiques du pays peuvent peser sur le bilan de ces dernières, lesquelles pourraient réduire le soutien donné à leurs filiales étrangères avec toutes les conséquences qui en découlent. C’est la stabilité financière de toute la région qui serait mise en danger. Le problème est réel comme le montrent les chiffres qui suivent. En Bulgarie, 30 % des actifs bancaires sont aux mains des banques grecques et celles-ci occupent quatre places dans le top 10 national. En Roumanie, les banques grecques représentent 17 % des actifs du secteur et elles sont deux dans le top 10. En Serbie également, les banques grecques contrôlent plus de 15 % des actifs.

De nombreux pays du Sud-Est de l’Europe ont connu un développement spectaculaire durant les années récentes. L’économie roumaine a doublé en volume entre 2004 et 2008 grâce à une augmentation de 50 % des crédits étrangers, mais le produit intérieur brut de la Roumanie et de la Bulgarie a reculé de 10 % depuis le début de la crise et on ne prévoit pas de rétablissement rapide. La situation difficile de la région aura pour conséquence que les banques grecques subiront des pertes substantielles sur leur portefeuille de crédits et la faiblesse des investissements peut hypothéquer le redressement de l’ensemble de la région Sud-Est. On se tiendra donc à l’écart des titres de la région, même s’il est presque impossible pour le particulier d’investir dans des actions individuelles.

Selon une étude de Dexia, l’investisseur tenté par les marchés européens en croissance peut se tourner vers les pays d’Europe centrale et orientale qui sont nettement plus avancés que ceux de la région des Balkans. Ainsi, cette année, les exportations seront le principal moteur des économies de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie, des pays qui profitent directement du retour en forme de la zone euro et plus spécifiquement de l’Allemagne. La demande étrangère aiguillonne la production industrielle locale, ce qui ravive la confiance des entrepreneurs. Bien que l’évolution des indices dans ces pays affiche une forte hausse, ils sont encore historiquement assez bas. Des opportunités existent donc pour les investisseurs privilégiant le long terme.

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