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L’art contemporain s’expose à Istanbul 15 mai 2010

Posted by Acturca in Art-Culture, Istanbul, Turkey / Turquie.
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L’Indépendant (France), 15 mai 2010

Zoé Cadiot

Ces dernières années, le nombre de galeries d’art a explosé à Istanbul. La ville en compte aujourd’hui plus de trois cents, principalement regroupées dans les quartiers de Galata, situé au nord de la Corne d’Or et de Cukurcuma et, un peu plus au sud, vers le Musée moderne.

Derrière les clichés touristiques, Istanbul, capitale européenne de la culture en 2010, cache une véritable effervescence artistique. Mais pour la découvrir, il faut oublier le grand bazar, la mosquée bleue, la basilique Sainte-Sophie, le palais de Topkapi ou encore la magnifique gare de l’Orient-Express Sirkeci Gari et prendre les ruelles de la cité byzantine, où les Stanbouliotes s’arrêtent volontiers pour une partie de backgammon ou simplement fumer le narguilé. En quelques années, la métropole du Bosphore s’est affirmée comme l’une des destinations phares de l’art moderne et contemporain.

Le succès cet automne de la dernière biennale, organisée par la Fondation d’Istanbul pour la culture et les arts (IKSV), sorte de ministère de la Culture privé, a semble-t-il conforté un marché, qui ne connaît pas la crise. « Il y aujourd’hui à Istanbul plus qu’à Paris, Berlin ou New York, de gens prêts à investir dans l’art », se réjouit Nazan Olcer Sabanci, petite fille du fondateur du musée Sakip Sabanci, qui dirige aussi le célèbre Centre d’art et de création du groupe financier. Le nombre de galeries d’art a explosé ces dernières années.

La ville en compte aujourd’hui plus de trois cents, principalement regroupées dans les quartiers de Galata, situé au nord de la Corne d’Or et de Cukurcuma et, un peu plus au sud, vers le Musée moderne d’Istanbul. Aussi pour les dénicher, il faut mieux se procurer LIST, un guide gratuit des manifestations d’art contemporain, édité par deux jeunes artistes: Didem Ozbelk et Osman Bozkurt, également fondateurs d’un espace informel Pist. L’art contemporain dans tous ses états Du coup la topologie du centre ville s’est profondément modifiée, notamment sur Istiklal, la grande artère piétonne d’Istanbul, plus habituée aux enseignes commerciales de magasins, de cinéma et autres bars branchés. Et le phénomène semble s’accélérer. Quelques semaines après l’inauguration du Kozmik Latte, où la fondation du groupe Borusan dévoile une partie de ses dernières acquisitions, un nouvel espace des arts de la fondation Koç, Arter, s’est installé. Sur quatre étages, les visiteurs peuvent donc découvrir, au rythme de l’exposition temporaire « Starter », le travail de 87 artistes turcs et étrangers, provenant de la collection Vehbi Koç Foundation.

L’art contemporain séduit aussi les nouveaux musées privés. Ainsi le Musée Pera, qui présente des oeuvres magnifiques de l’époque byzantine et de nombreuses peintures, du XIXe, siècle, dont le célèbre tableau de l’Ottoman Osman Hamdi bey, « Kaplumbaga Terbiyecisi « , accueille aussi jusqu’au 18 juillet Fernando Botero. Istanbul Modern, le premier musée d’art moderne de la capitale, n’est pas en reste. Installé depuis 2004 sur 8 000 m2, dans un ancien entrepôt du port de Karakoy, il ambitionne de devenir un Beaubourg version stanbouliote. Un pari qui semble sur le point d’être gagné. Outre la présence de grandes signatures comme Bedri Baykam, Canan Tolon et autre Sarkis – actuellement à l’affiche de Beaubourg – il remporte un vif succès populaire dans une ville que l’on disait plus tourné vers son passé prestigieux.

En 5 ans, plus de 2,5 millions de visiteurs se sont en effet aventurés dans ce nouveau lieu de culture où la muséographie est surprenante. Ce succès a surpris sauf peut-être la présidente de la fondation Oya Eczacibasi, qui fonctionne sans aucune subvention publique. « Je savais qu’au-delà de notre passé ottoman, il existait à Istanbul une place pour un présent et un futur. Il y a de plus en plus d’artistes turcs convoités à l’étranger. Ce n’est pas un hasard si la Pinacothèque de Paris a donné carte blanche à Bedri Baykam pour un hommage à Edvard Munch ». Une analyse partagée par de nombreux galeristes européens dont le Français Steven Riff, qui se rendent régulièrement sur les rives du Bosphore pour faire leur marché. « Il y a un véritable vent de modernité, comme le prouve la magnifique exposition « Gelenekten Cagdasa » ou les dernières expositions temporaires du Santral, situé dans une ancienne centrale électrique sur la colline d’Eyüp ».

L’art financé par les groupes industriels

Avec le retrait de l’Etat, plusieurs grandes familles comme les Eczacibasi, les Sabangi, les Koç, propriétaires de grands groupes financiers et industriels, et toutes membres du medef turc (Tüsiad) se sont lancés dans le mécénat culturel.  » A l’instar de mon grand père qui commerçait avec l’étranger, ces familles ont compris, par leur expérience internationale, l’importance en terme de prestige d’une collection d’art », confie Nazan Olçer qui poursuit la tradition culturelle du groupe Sabanci. « L’émulation est d’autant plus forte que la création contemporaine est devenue aujourd’hui un marqueur social », précise le professeur Serhan Ada de l’université privée Bilgi, qui accueille sur son campus le fameux centre avant-gardiste Santral.

Commentaires»

1. Jamal - 7 novembre 2011

L’art en Turquie est superbe.
Je pense notamment à Avni Arbas qui avait exposé avec Pablo Picasso et qui est un peintre à la puissance hors du commun.
Ses représentations de chevaux sont fabuleuses.

2. Le peintre - 14 juillet 2010

Merci pour cet excellent article
cordialement
Gilles


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