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Phil Gordon :  » Un incident tragique pour le processus de paix «  5 juin 2010

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Monde (France), 5 juin 2010, p. 5

Propos recueillis par N. No.

Secrétaire d’Etat adjoint américain pour l’Europe et l’Eurasie, Phil Gordon était en visite, jeudi 3 juin, à Paris. Il a reçu quelques journalistes français.

Les Etats-Unis vont-ils demander à Israël de lever le blocus sur Gaza ?

Ce qui s’est produit est tragique pour tout le monde. Mais aussi pour le processus de paix. M. Nétanyahou devait venir à Washington – le 1er juin – pour parler du processus de paix. Le président Obama espérait aller de l’avant. Or il n’a pas pu venir à cause de cette tragédie. Nous espérions tenir un troisième round des pourparlers de proximité – indirects, entre Israéliens et Palestiniens – . L’incident – au large de Gaza – est tragique. Mais le problème est profond : c’est l’absence de pourparlers et la crise humanitaire à Gaza. Nous allons faire tous nos efforts pour améliorer la situation humanitaire à Gaza tout en assurant la sécurité d’Israël.

Le processus de paix devait être la priorité de M. Obama mais les résultats ne sont pas visibles.

Contrairement à d’autres présidents qui s’étaient engagés trop tard, Obama voulait commencer – à s’engager – dès le début, et il l’a fait. Le problème reste très difficile. Nous ne sommes pas les premiers à ne pas réussir à réconcilier les points de vue israélien et palestinien. Cela reste central. Après les premiers dix-huit mois difficiles de l’administration, nous avons entamé des pourparlers de proximité. C’est un pas en avant, même si ce n’est pas le but. Le but, c’est deux Etats souverains et démocratiques qui vivent en paix côte à côte et qu’à moyen terme Israël et les Palestiniens mènent des négociations directes et bilatérales. Nous n’avons pas réussi à persuader Israël de mettre fin à la colonisation en Cisjordanie, mais nous avons obtenu plus qu’aucun gouvernement israélien n’avait jamais accepté auparavant : un gel temporaire à Jérusalem-Est. Cela a permis deux séances de pourparlers de proximité.

Les Etats-Unis considèrent-ils qu’Israël est capable de mener une enquête satisfaisante ?

La déclaration présidentielle du Conseil de sécurité – adoptée le 1er juin – souligne l’importance d’une enquête impartiale, transparente et crédible. Ce qui est important, c’est la qualité de cette enquête. Nous avons confiance en Israël pour la conduire, mais nous avons dit qu’il fallait voir quelles modalités pourraient amener l’enquête à répondre à tous ces critères énumérés. Cela peut comporter une participation internationale. Il faut la déterminer ensemble.

Une implication de la Croix-Rouge ? De l’ONU ?

On verra. Ça se discute ces heures-ci.

La diplomatie turque, très active au Moyen-Orient, va-t-elle dans le bon sens ?

La Turquie est toujours un allié et un partenaire des Etats-Unis. Son engagement sur des questions difficiles au Moyen-Orient ou ailleurs peut être utile. Mais tout dépend du résultat de la diplomatie turque. Par exemple, sur la question de l’Iran. Si la Turquie trouve le moyen de satisfaire la communauté internationale et de la rassurer sur la question du programme nucléaire iranien, ce serait le bienvenu.

L’accord turco-brésilien avec l’Iran sur le nucléaire remplit-il cette condition ?

Non. Nous respectons les efforts de la Turquie et pensons qu’elle veut atteindre les mêmes objectifs que nous : éviter une crise avec l’Iran et éviter une capacité nucléaire militaire iranienne. Mais cette déclaration comporte plusieurs failles que nous allons énumérer clairement, auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Elle ne suffit pas pour rassurer la communauté internationale.

Les tensions entre la Turquie et Israël vous inquiètent-elles ?

Il est pénible et très regrettable de voir cette situation de crise entre deux pays bons partenaires des Etats-Unis. L’amitié et la coopération entre la Turquie, pays musulman, et l’Etat juif, étaient un des meilleurs progrès au Moyen-Orient. Nous avons déployé beaucoup d’énergie depuis 72 heures pour essayer de calmer les tensions, et nous allons continuer. Nous avons encouragé Israël à laisser partir les passagers – de la flotille.

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