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La Turquie délaisse l’Europe pour les émergents 19 juin 2010

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey-EU / Turquie-UE.
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La Tribune (France), 19 juin 2010, p. 4

Sylvain Rolland

Consciente de son poids économique, la Turquie entend jouer les premiers rôles sur la scène diplomatique internationale

Ces derniers jours, la Turquie a signé un accord majeur avec la Corée du Sud sur le nucléaire civil, et renouvelé pour douze ans son accord sur le transit du pétrole irakien. Partenariat sur l’énergie avec la Russie, grands chantiers de BTP au Moyen-Orient ou en Tunisie, discussions avec le Brésil… Ankara privilégie de plus en plus le développement des relations économiques avec les autres pays émergents. Alors, fini le temps où les pays développés étaient les partenaires privilégiés d’Ankara ? Pas encore. Forte de performances économiques insolentes (plus de 10% de croissance du PIB au premier trimestre 2010) qui en font l’un des plus gros marchés émergents non-asiatique avec le Brésil, la Turquie veut peser davantage sur la scène diplomatique.

Voix des émergents

Preuve de cette prise de conscience, la Turquie n’hésite plus à s’opposer à ses alliés de toujours, les Etats-Unis et l’Union européenne. Le 17 mai, la Turquie et le Brésil ont signé avec l’Iran un accord tripartite sur le nucléaire civil. Le 9 juin, en votant « non », toujours avec le Brésil, aux sanctions de l’ONU contre l’Iran, alors que même la Russie et la Chine les approuvaient, les deux puissances émergentes se sont positionnées comme des médiateurs sur l’un des dossiers les plus épineux du moment. « C’est le symbole d’une redistribution des cartes diplomatique, qui confirme que les grandes puissances ne sont plus en position d’imposer leur volonté au reste du monde », analyse Didier Billion, spécialiste du Moyen-Orient.

Rôle de pont

Des députés américains, qui n’ont toujours pas digéré l’affront, ont promis jeudi que les positions de la Turquie sur l’Iran et son hostilité à l’encontre d’Israël auraient des « conséquences ». Tout en rappelant, comme l’avait fait le Premier ministre turc la veille, la solidité de l’amitié entre les deux pays. « La Turquie tient à ses relations avec les Etats-Unis et espère toujours rejoindre l’Union Européenne », rappelle Didier Billion. Dans le nouvel ordre international, la Turquie joue sur plusieurs tableaux. « Toute l’ambition d’Ankara est de maintenir son rôle de pont entre l’Occident et le Moyen-Orient, tout en occupant un rôle majeur en tant que pays émergent. Pour cela, elle doit exister diplomatiquement, et donc s’opposer aux Etats-Unis sur certains sujets.»

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