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L’art de l’Empire ottoman à la villa Empain 7 janvier 2011

Posted by Acturca in Art-Culture, History / Histoire.
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La Libre Belgique, le 07/01/2011

Guy Duplat

Retour sur l’Empire ottoman dans le riche écrin art déco de la villa Empain. Celui-ci avait développé un art de vivre, raffiné et ouvert aux diverses cultures.

L’ouverture de la villa Empain, à Bruxelles, le 23 avril dernier, fut un succès. Le public est déjà venu nombreux voir cette maison art déco de l’avenue Roosevelt qui a retrouvé toute sa splendeur : bords dorés sur la façade, plafonds de bois précieux du Vénézuela ou faits de plaques de verre peint avec la voie lactée comme sujet, fers forgés, marbres divers. Le lieu est un fabuleux écrin utilisé par la Fondation Boghossian pour stimuler les échanges entre l’Orient et l’Occident avec concerts, colloques et expositions.

Après l’expo initiale, « Itinéraires de l’élégance entre l’Orient et l’Occident », la villa Empain propose jusqu’au 27 février, « Couleurs d’Orient, arts et arts de vivre dans l’empire ottoman ».

L’art ottoman (« l’art turc », disait-on, jadis) est lié à une caractéristique très intéressante et, finalement, fort moderne de l’empire ottoman. Celui-ci était capable de générer une forme de cosmopolitisme très particulier, un multiculturalisme qui acceptait, dans une certaine mesure, toutes les religions et toutes les cultures. « Les gens coexistaient dans cet empire, explique Edhem Eldem dans le catalogue, sans pour autant se mêler, mais finissaient par créer et produire en commun une culture riche par son hybridité. C’est ainsi que des influences aussi diverses se sont côtoyées et ont interagi. L’art ottoman se conjugue dans toutes les langues, toutes les traditions, toutes les religions et ne peut par conséquent être réduit à l’une ou l’autre des identités culturelles qui l’ont soutenu. »

Jean Boghossian, qui est à la base de la villa Empain et qui prête pour cette exposition de splendides bijoux de sa collection familiale, indique clairement que son souhait est « avant tout de montrer combien l’Empire ottoman s’est nourri à travers ses artistes et artisans, de multiples influences culturelles pendant des siècles ». La tolérance culturelle et religieuse exceptionnelle de l’Empire ottoman méritait d’être soulignée.

Le monde ottoman s’est bâti un empire tenant à la fois de l’Orient et de l’Occident. Les Ottomans ont assimilé certaines valeurs des cultures grecque, bulgare et arménienne. Les célèbres céramiques d’Iznik qu’on peut voir à l’expo démontrent qu’ils avaient aussi assimilé les bleus venus de Chine.

Avec la prise de Constantinople en 1453, ils ont hérité des richesses de la civilisation byzantine, qu’ils n’ont pas détruite mais bien plutôt assimilée en y ajoutant leurs traditions issues des civilisations d’Asie centrale, alliées au raffinement de l’Islam. L’expo présente des pièces byzantines venues du trésor de la cathédrale de Liège. Situés au carrefour de l’Orient et de l’Occident, les Ottomans ont ainsi élaboré une synthèse originale.

On admire, en parcourant les pièces de la villa, des pièces rares venues essentiellement de riches collections privées : velours de Bursa, une robe de mariée de la fin du XVIIIe siècle en soie rose brodée de multiples fleurs. On détaille la finesse des écritures et des boîtes à Coran composées de marqueteries de bois rares, d’écaille et de nacre, des tissus brodés, des cuirs qui faisaient l’admiration des voyageurs italiens du XVIe siècle.

L’expo montre le talent des artisans mais aussi l’art de vivre. On reste ébahi devant la collection de 300 cuillers d’argent, corail, ivoire, ébène ou nacre. Ou devant l’attirail des calligraphes : leurs calames pour écrire et leurs pierres à polir les feuilles d’or.

Bien sûr, on y voit aussi des bijoux et le monde des hammams à côté de pièces très guerrières (depuis des fusils jusqu’au harnachement des chevaux). Dans sa période de gloire, l’empire ottoman n’avait rien de décadent ni de fade et adoptait alors une simplicité de lignes très moderne. De quoi réfléchir à la place de la Turquie dans l’Europe.

En mars prochain, la villa Empain présentera une exposition sur un des thèmes les plus « chauds » et les plus fantasmés dès qu’on parle de l’Islam : « Pudeurs et colères de femmes », avec essentiellement des œuvres d’artistes contemporains.

« Couleurs d’Orient, arts et arts de vivre dans l’Empire ottoman » jusqu’au 27 février, Villa Empain, 67 avenue Roosevelt, à Bruxelles, fermé le lundi.

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