jump to navigation

Turquie: Erdogan s’inscrit dans la durée 8 janvier 2011

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
Tags: , , , ,
trackback

L’Echo (Belgique), 8 janvier 2011

Jean-Michel Lalieu

Lors des élections de juin, l’AKP devrait sortir vainqueur des urnes pour la troisième fois d’affilée. Un record !

En prenant les rênes de la Turquie, fin 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan a surpris la communauté internationale. Il a aussi fait craindre pour le caractère laïc de ce grand pays, à cheval entre Orient et Occident, parce qu’il se revendique d’un islamisme modéré.

Huit ans plus tard et à la vieille de la fin d’une deuxième législature dirigée par l’AKP, les esprits se sont calmés. Erdogan a su composer avec ses pairs européens, malgré les réticences à voir entrer la Turquie dans l’Union européenne. Et la Turquie est loin d’avoir sombré dans l’islamisme radical. « Même s’il y a au sein du parti une minorité estimée entre 5 et 10% de membres qui se revendiquent clairement comme islamistes, il faut plutôt voir l’AKP comme un parti de centre-droit », analyse Didier Billion, rédacteur en chef de la Revue internationale et stratégique de l’IRIS (Paris) et spécialiste de la Turquie.

Et selon lui, c’est ce qui fait sa force. Lors des prochaines élections législatives de juin, le parti du premier ministre Erdogan devrait à nouveau sortir vainqueur des urnes. Cette longévité étonne dans un pays où, depuis le rétablissement du processus électoral, en 1983, tous les partis au pouvoir ont été renvoyés dans l’opposition lors de la législature suivante.

Léger tassement

« Il ne devrait sans doute pas renouveler son score des dernières élections qui était quand même de près de 48%, estime Didier Billion. Mais sa victoire semble en tout cas déjà écrite. » Pour expliquer le recul pressenti de l’AKP, il avance trois arguments: une légère usure du pouvoir, une meilleure structuration de l’électorat kurde et la réorganisation du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition.

En mai dernier, en effet, le CHP, principale formation kémaliste, a évincé son secrétaire général Deniz Baykal, remplacé par Kemal Kiliçdaroglu, représentant de la nouvelle génération. « Moins obtu et sectaire que l’ancienne génération qui se limitait à de l’opposition systématique, il devrait permettre à son parti d’obtenir un meilleur score », note le spécialiste de la Turquie.

Le 12 septembre 2010, le référendum portant sur des amendements à apporter à 26 articles de la Constitution a, avant tout, été considéré comme un test pour le parti au pouvoir à un peu moins d’un an des élections législatives. Avec un taux de participation de 77% et une victoire du « oui » à 58% malgré le risque de voir l’AKP contrôler de plus près la nomination des magistrats, ce référendum a confirmé la popularité du parti d’Erdogan.

Etonnant? Pas vraiment, selon Didier Billion. « Ce parti n’a pas fait de grossières erreurs et affiche une stratégie claire. En plus, les résultats économiques du pays sont impressionnants, même s’ils ne sont pas à mettre uniquement à son actif. »

Pourquoi l’AKP ?

Il note également que l’AKP est de centre-droit, comme la majorité de la population turque, et qu’il a pu profiter de l’anéantissement progressif des autres partis de centre-droit depuis les années 1980. « Il faut aussi tenir compte de la structuration du parti qui dispose de militants sur l’ensemble du territoire pour mener notamment des actions sociales dans les zones les plus pauvres, et de la personnalité d’Erdogan qui est un véritable animal politique. »

Mais l’homme fort de la politique turque commence à faire peur à certains qui craignent qu’une troisième victoire consécutive ne le pousse à vouloir de plus en plus personnaliser le pouvoir et développer un certain autoritarisme. D’où la nécessité de voir à nouveau se développer une opposition mieux structurée et capable de peser sur le gouvernement.

Le résultat des urnes et une éventuelle troisième victoire du parti islamiste modéré risque-t-il enfin d’influer sur les relations d’Ankara avec l’Union européenne au cours des prochaines années? « Que l’AKP remporte le scrutin ou non, le cours des relations avec l’UE est mauvais, pointe le chercheur de l’IRIS. Par contre, l’AKP me semble être le parti le plus pro-européen. » Mais le fait est que, au vu des réticences de certains gouvernements européens, c’est la population turque elle-même qui commence à se sentir moins attirée par l’adhésion. Un élément qui pourrait aussi peser sur la campagne…

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :