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«Le marché turc s’ouvre grâce au retrait des groupes familiaux» 17 janvier 2011

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Le Temps (Suisse), 17 janvier 2011

Eli Koen *

Les actions turques ont progressé de 294% depuis mars 2009 grâce au dynamisme de cette économie émergente

Avec un taux de croissance de 7,8% en 2010, la Turquie s’est clairement ancrée dans la catégorie des économies émergentes. Depuis le point bas de mars 2009, la bourse d’Istanbul reflète ce dynamisme en affichant une hausse de 294%. Gérant auprès de l’Union Bancaire Privée à Londres d’où il suit le marché turc, Eli Koen livre son analyse.

Le Temps: Comment expliquez-vous la surperformance des actions turques par rapport à la moyenne internationale?

Eli Koen: Avant son rebond, la bourse d’Istanbul a chuté autant, voire davantage, que les places occidentales en 2008 et au début de 2009. Mais cela ne correspondait pas à la réalité des entreprises. Celles-ci étaient moins endettées que maintes sociétés occidentales. En outre, leur croissance est très élevée. Le système bancaire turc est mieux capitalisé que ses contreparties occidentales. Aussi, la crise a rendu ces titres peu chers par rapport à leur potentiel.

Pourtant les indices turcs connaissent une correction depuis novembre. Comment l’expliquez-vous?

– Cette correction résulte davantage de facteurs techniques que fondamentaux. Des investisseurs, frappés par la hausse de ces derniers mois, ont cherché à réaliser leurs bénéfices. D’autres ont déplacé leurs avoirs vers les bourses russes, qui ont moins bien progressé que les actions turques, et présentent de ce fait un potentiel plus intéressant.

Selon le FMI, l’économie turque doit ralentir à 3,6% en 2011, alors que l’inflation reste relativement élevée. N’est-il pas trop tard?

– Malgré le ralentissement en vue, le taux de croissance de l’économie reste plus élevé que la moyenne européenne. Aussi ce ralentissement ne m’inquiète-t-il pas. De plus, l’inflation reste à un bas niveau en comparaison historique. Située entre 5 et 6%, elle est bien au-dessous des 40 à 60% qu’elle connaissait il y a encore dix ans! Sa stabilité représente donc un succès, car pour un consommateur turc, elle n’est pas si élevée. Le renchérissement deviendrait un problème s’il restait au niveau actuel pendant plusieurs années, car il contraindrait la banque centrale à relever ses taux, ce qui aurait un impact sur la croissance. Idéalement, l’inflation devrait être ramenée aux alentours de 2% à long terme.

La grande importance des holdings familiales dans les sociétés cotées ne constitue-t-elle pas un obstacle aux valorisations des actions?

– La présence de grands conglomérats familiaux (Koç, Sabancı, etc.) dans le capital des sociétés cotées est un facteur très important de l’économie turque. Mais celle-ci diminue depuis cinq ou six ans en raison de l’essor d’entreprises échappant à ce système. Ces dernières s’appuient aussi sur un actionnariat de base familial, mais elles sont beaucoup plus focalisées sur leurs activités centrales. Ce changement graduel offre un choix sans cesse élargi à l’investisseur.

La forte exposition de la Turquie à la zone euro représente-t-elle un risque du fait de la crise de la dette européenne?

– L’affaiblissement de l’euro n’est pas bon pour la Turquie, car c’est dans cette monnaie qu’elle réalise ses exportations alors que ses importations – matières premières et énergie – sont payées avant tout en dollars. Mais l’impact d’une baisse de la monnaie unique se limite aux entreprises exportatrices et n’affecte pas la consommation intérieure, qui est l’un des moteurs de la croissance turque. De plus, les banques sont peu exposées aux créances de pays de la zone euro.

L’année 2011 s’avère riche en risques politiques. Etes-vous inquiet?

– La perspective d’une perte de la majorité absolue par le Parti de la justice et du développement de Recep Tayyip Erdogan lors des élections prévues cette année est le risque le plus craint par le marché. Elle conduirait à un gouvernement de coalition. Or les précédentes expériences n’ont jamais été un succès, ce qui risque d’affecter la croissance. Le gouvernement risque de manquer de maîtrise de ses dépenses, ruinant plusieurs années d’efforts visant à limiter le déficit et à réduire la dette. Néanmoins, les conséquences seraient moins graves qu’il y a dix ans, lors de la dernière expérience, car l’économie turque s’est renforcée.

* Gérant du fonds UBAM Turkish Equities.

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