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Le PM turc défend l’adhésion à l’UE et l’héritage des croisades 13 avril 2011

Posted by Acturca in France, Religion, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Reuters

Mercredi, 13 avril 2011, Strasbourg

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a critiqué, mercredi à Strasbourg, les pays qui refusent l’adhésion de son pays à l’Union européenne pour des raisons de politique intérieure.

Il a mis en avant l’intérêt réciproque des Turcs et des Européens à conclure ce rapprochement et a défendu l’héritage culturel des croisades qui, selon lui, ne furent pas seulement une confrontation mais aussi une rencontre de civilisations.

« L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne est vitale, à telle enseigne qu’elle ne peut pas être utilisée dans le cadre de campagnes électorales ou à des fins de politique intérieure », a-t-il dit devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

« La Turquie a besoin de l’Union européenne mais l’Union européenne a également besoin de la Turquie », a ajouté le Premier ministre turc dont le pays assume actuellement la présidence tournante du Conseil de l’Europe.

Le président de l’AKP, parti islamiste qui se définit comme démocrate et pro-européen, a vanté la croissance économique de son pays, 8,9% en 2010, et mis en avant « la capacité de la Turquie à prendre des initiatives » dans de nombreux domaines qui concernent la prospérité européenne.

Entamées en 2005, les négociations d’adhésion entre l’UE et Ankara butent sur l’absence de règlement de la crise chypriote mais aussi sur les réticences de l’Allemagne et de la France à accepter une adhésion de ce pays musulman, situé à cheval sur l’Europe et l’Asie.

Répondant implicitement à ceux qui jugent civilisations chrétiennes et musulmanes incompatibles, le Premier ministre turc a pris l’exemple des croisades d’abord perçues comme une confrontation et « un vecteur de racisme et de préjugés ».

« Aujourd’hui, il faut voir l’autre dimension », a dit celui qui fut en 2005, avec son homologue espagnol Jose-Luis Zapatero, à l’origine de l’Alliance des civilisations, une instance de dialogue et de coopération placée sous l’égide de l’Onu.

« C’est aussi l’histoire d’une grande interaction culturelle, une histoire de rencontres et de compréhension progressive de l’autre », a-t-il dit.

(Gilbert Reilhac, édité par Gilles Trequesser)


La Turquie accuse la France de violer la liberté de culte

Le Premier ministre turc a accusé mercredi la France de violer la liberté de culte.

Recep Tayyip Erdogan, qui intervenait devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, n’a pas précisé ses griefs à l’égard de Paris, mais sa déclaration survient deux jours après l’entrée en vigueur en France de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public.

« Aujourd’hui en France, il n’y a pas de respect pour la liberté de religion individuelle », a-t-il dit en réponse à une question d’un parlementaire finlandais critiquant le système électoral turc.

« Que ceux qui veulent juger la Turquie commencent par se regarder eux-mêmes », a ajouté le chef de l’AKP, parti islamiste démocrate et pro-européen au pouvoir depuis huit ans.

Dans son discours devant les parlementaires, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays assume la présidence tournante du Conseil de l’Europe, a également évoqué la laïcité, rappelant que la Turquie était le seul pays musulman à l’avoir adoptée dans sa constitution.

« Un héritage qui nous vient de la France », a-t-il souligné.

« Il est tout à fait ironique de voir que la laïcité est aujourd’hui un élément de débat en Europe et porte atteinte à certaines libertés », a-t-il enchaîné, une allusion au débat sur la laïcité organisé le 5 avril dernier par l’UMP.

Le parti présidentiel avait été accusé par l’opposition d’avoir organisé cette opération pour stigmatiser l’islam et pour séduire l’électorat du Front national.

Interpellée par la députée UMP Muriel Marland-Militello, qui a démenti ces accusations et accusé en retour Ankara de ne pas respecter les minorités religieuses, le Premier ministre turc l’a invitée à venir se rendre compte sur place de la situation.

« En Turquie, on dit ‘Il vient de France’ pour parler de quelqu’un qui est un peu en décalage », a-t-il ironisé.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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