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Le groupe bancaire joue son avenir en Turquie 17 mai 2011

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) 17 mai 2011, p. 22

Anne de Guigné à Istambul

« Non, Dexia ne vendra pas sa filiale turque DenizBank » . Pierre Mariani, le patron opérationnel de la banque franco-belge, ne se lasse pas de le répéter : la reconstruction de Dexia passe désormais par Istanbul. Cette filiale aux oeufs d’or n’était d’ailleurs à ses yeux pas négociable l’an dernier, quand il s’est agi de convaincre la Commission européenne d’accepter l’aide d’État dont a bénéficié le groupe pendant la crise financière.

Dexia déroule depuis un raisonnement imparable : au coeur de la tempête, la banque a frôlé l’asphyxie par manque d’accès à la liquidité. Pour se prémunir contre une prochaine crise, l’établissement doit donc se repositionner vers la banque de détail et ses dépôts. En 2007, la banque de proximité représentait un peu plus d’un tiers des revenus de Dexia, en 2014, selon son plan stratégique, ce sera 60 %, grâce justement à DenizBank.

Ce changement de cap radical est pour l’instant jugé avec prudence. « Si on se réfère aux dernières transactions du secteur bancaire, le poids de DenizBank est à lui seul supérieur à la valorisation boursière de l’ensemble de Dexia (4,5 milliards d’euros, NDLR)  », notait récemment Pierre Mariani. L’acquisition de DenizBank en 2007 avait coûté au groupe 2,6 milliards d’euros. Accueilli alors avec scepticisme, en raison de son prix, cet achat se révèle en fait le meilleur legs de l’ancienne équipe à la nouvelle. En 2014, DenizBank devrait dégager plus d’un quart des bénéfices de Dexia.

Atout technologique

Créée de toutes pièces en 1997, par l’actuel directeur général, Hakan Ates, la banque compte déjà plus de 3 millions de clients. Elle en vise 6 millions à horizon 2014, soit 60 % de l’ensemble de la clientèle du groupe Dexia. La rapide bancarisation de la population turque générera presque automatiquement cet afflux de nouveaux clients.

L’ascension éclair de DenizBank illustre les derniers développements du système bancaire turc, mature depuis une dizaine d’années. La filiale de Dexia a su résister et même tirer partie de la grave crise bancaire que le pays a traversée dans les années 2000. « Une trentaine d’acteurs ont alors disparu, explique Hakan Ates, nous avons pu racheter les activités de certains et ainsi devenir l’une des dix premières banques du pays. »

DenizBank se distingue par sa capacité à exploiter les synergies entre ses métiers : une entreprise qu’elle finance sera par exemple priée de lui confier la gestion des salaires de ses employés. L’établissement s’intéresse aussi de près au monde rural, qui représente encore un tiers de la population turque. Pour mieux séduire les agriculteurs, il a créé une carte de paiement spécifique avec facilités de paiement calées sur le calendrier des moissons ou prêts à trois mois à taux zéro pour les achats d’engrais. Le démarchage de nouveaux clients s’appuie sur des technologies (Internet et mobile) encore inconnues dans les plates-formes bancaires d’Europe occidentale. La banque encourage par exemple les particuliers à lui adresser des demandes de crédits à la consommation par SMS. Elle s’engage à répondre, également par SMS, en cinq minutes.

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