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La Turquie accentue ses pressions sur la Syrie 27 juin 2011

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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l’Humanité (France) lundi 27 juin 2011, p. 14

Hassane Zerrouky

Le déploiement militaire syrien à la frontière turque pour empêcher le passage d’opposants fuyant la répression pourrait conduire Ankara à durcir sa politique envers Damas.

L’entrée de chars et d’unités d’infanterie syriens samedi dans le village de Khirbet al-Jozdan à moins d’un kilomètre de la frontière turque, a provoqué un afflux de nouveaux réfugiés (1 500) vers la Turquie et fait monter la tension entre Ankara et Damas dans cette province de Hatay que Damas a longtemps revendiquée. Près de 12 000 Syriens ayant fui la répression y ont trouvé asile.

Les camps de réfugiés dressés par le Croissant-Rouge turc à 10 kilomètres du poste frontière de Cilvegözü accueillent chaque jour de nouveaux arrivants, depuis que la Turquie a décidé de ne pas fermer sa frontière pour empêcher les Syriens de trouver refuge en Turquie. Cette situation préoccupe fortement Ankara et commence à empoisonner les relations entre les deux pays, d’autant que le dernier discours de Bachar Al Assad promettant des réformes n’a pas convaincu les dirigeants turcs. « Il faudrait qu’il dise haut et fort d’une manière claire et nette : « nous passons au système pluraliste, nous allons organiser des élections démocratiques conformes aux normes internationales » », a déclaré le président turc, Abdullah Gül. « Il est très important que des pas concrets soient faits dans la pratique. Nos contacts se poursuivent dans ce cadre », a estimé vendredi le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu. « Nous arrivons à un point où le gouvernement turc va dire au gouvernement syrien : « le temps est écoulé, on vous a accordé assez de temps et vous n’en avez rien fait. Désormais, si des acteurs internationaux décident quelque chose, nous serons avec eux » », souligne Osman Bahadir Dinçer, de l’institut de recherches stratégiques Usak, cité par l’AFP.

L’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002 a permis à la Syrie de sortir de l’isolement dans lequel elle se trouvait, surtout depuis la signature d’un accord de défense militaire entre la Turquie et Israël (aujourd’hui pratiquement gelé à cause de la situation à Gaza), conclu en 1996 sous le gouvernement de droite nationaliste de Mesut Yilmaz. Depuis lors, Ankara est devenu le principal partenaire économique de Damas dans la région. Le commerce bilatéral a atteint 2,3 milliards de dollars en 2010, soit 30 % de plus par rapport à 2009. Et ce sans compter les nombreux projets d’investissements turcs en Syrie, évalués à plusieurs milliards de dollars. De fait, au regard de son poids économico-militaire et de sa proximité avec la Syrie, pays avec lequel elle partage une frontière de 850 kilomètres, la Turquie pourrait être amenée à user de ce poids pour contraindre Damas à changer radicalement de position à l’égard de son opposition.

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