jump to navigation

Ankara défend le barrage d’Ilisu envers et contre tout 4 juillet 2011

Posted by Acturca in Energy / Energie, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
Tags: , , , , ,
trackback

La Tribune (France), no. 4757, lundi 4 juillet 2011, p. 14

Delphine Nerbollier

Très contesté, ce barrage devrait être achevé en 2013. Le gouvernement turc ne reculera pas. Malgré les nombreuses critiques, Ankara a lancé il y a un an la construction de ce qui sera le second plus grand barrage de Turquie. Situé sur le Tigre, entre les villes de Batman et de Mardin, le barrage d’Ilisu devrait fournir 3,8 milliards de kilowattheures d’électricité par an et irriguer 1,7 million d’hectares de terre. D’un coût de 1,2 milliard d’euros, Ilisu est présenté comme l’une des pièces maîtresses du projet du Sud-Est anatolien (GAP), lancé dans les années 1980 et qui prévoit la construction de 22 barrages et 19 centrales hydroélectriques sur le Tigre et l’Euphrate.

Si les autorités turques espèrent bien terminer le barrage d’Ilisu d’ici à 2013 – le marché a été attribué aux entreprises turques Nurol, Cengiz, Celiker et Temelsu -, la polémique qui entoure ce projet ne tarit pas. En mai, le comité des Nations-unies sur les droits économiques, sociaux et culturels a reproché à Ankara de ne pas appliquer les normes internationales en matière d’expropriations et de réinstallation des 78.000 personnes affectées par la construction de ce barrage. Le comité s’inquiète aussi de la disparition sous les eaux de plus de 300 sites archéologiques et touristiques, dont la ville d’Hasankeyf.

Face à ces controverses, deux consortiums internationaux ont été contraints d’abandonner ce projet, en 2002 et 2009. Il y a deux ans, les assureurs allemand, suisse et autrichien des crédits à l’exportation s’étaient retirés du projet estimant qu’il ne répondait pas aux normes de la Banque mondiale.

Depuis, Ankara a trouvé le soutien des banques turques Akbank, Halkbank et Garantiebank pour assurer le financement de ce barrage, qui sera opéré par l’entreprise publique turque DSI. L’autrichien Andritz fournira de son côté les équipements électromécaniques de la centrale hydroélectrique.

Critiqué en Turquie, Ilisu soulève aussi la polémique avec l’Irak qui craint un risque d’aggravation de ses pénuries d’eau. Fin mai, Bagdad a menacé de ne pas ratifier la création d’un conseil de coopération stratégique si Ankara refuse d’y inclure un article sur le partage des eaux de l’Euphrate et du Tigre. Les autorités turques, elles, assurent être à l’écoute des demandes de ses voisins irakiens et syriens via des accords signés par le passé. Pas question en revanche de revoir la politique de construction de barrages jugée cruciale pour assurer l’indépendance énergétique de ce pays en plein boom économique.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :