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La Tunisie boudée, la Turquie en profite 18 juillet 2011

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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El Watan (Algérie) 18 juillet 2011  (extrait)

Safia Berkouk

Si la Tunisie ne fait plus recette, la Turquie a, quant à elle, la cote et s’impose comme «première destination» des Algériens, nous dit-on du côté des agences de voyages qui en font d’ailleurs leur produit phare, même si, par rapport à la Tunisie, la destination est deux, voire trois fois, plus coûteuse. A titre d’exemple, un séjour dans la station balnéaire d’Antalya, dans un hôtel 4 étoiles, est proposé pour pas moins de 144 000 DA.

Si les Algériens s’intéressent à la Turquie, ce n’est pas uniquement à cause de ce qui se passe en Tunisie. «La culture turque a envahi les foyers et suscite de plus en plus d’intérêt et de curiosité», nous dit M. Djeribi *. Cela en dépit de «l’argumentation du coût des prestations et des hôtels dans ce pays». Si cette destination reste onéreuse, c’est, explique notre interlocuteur, «en raison du transport aérien qui consomme plus de 45% du package complet».

* Bachir Djeribi, président du Syndicat national des agences de voyage Algérie (SNAV)

 

Suayip Yagmur. 2e secrétaire, chargé d’affaires 
                 à l’ambassade de Turquie en Algérie

«40 000 à 50 000 touristes algériens en Turquie»

– La Turquie a-t-elle réellement tiré profit de la situation en Tunisie pour capter plus de touristes algériens ?

Il y a depuis pas mal de temps un intérêt des Algériens pour la Turquie. Le phénomène n’est pas nouveau. L’année dernière le nombre de visas qu’on a octroyés a atteint 55 000 à 60 000 dont des gens qui partaient aussi pour les affaires. Par rapport à 2010, cette année il y a une augmentation d’environ 25% que nous pouvons attribuer au fait qu’il y a de plus en plus d’Algériens qui partent en Turquie pour des raisons touristiques. C’est vrai qu’il y a des événements en Tunisie qui empêchent les Algériens de passer leurs vacances là-bas, alors qu’ils étaient environ un million à s’y rendre. Nous ne pouvons pas dire que la Turquie a remplacé la Tunisie qui est plus facilement accessible et moins chère pour les touristes algériens. La Turquie n’a pas comblé le vide, mais ce que nous constatons c’est que les Algériens les plus aisés qui partaient en Tunisie et qui avaient les moyens de louer des villas et des appartements à Hammamet ou ailleurs ont opté pour la Turquie. Globalement, le nombre de touristes algériens qui partent en Turquie est en constante augmentation du fait que la Turquie est de plus en plus connue du public algérien parce que nous partageons une histoire et une culture commune. De plus, la présence de la Turquie ces dix dernières années sur la scène internationale à travers sa politique étrangère et économique rend le pays plus visible de l’étranger, sans oublier l’impact des feuilletons turcs et l’importance du secteur textile. La Turquie est devenue une tendance et pour répondre aux besoins croissants des touristes algériens, les agences de voyages en Algérie contactent de plus en plus leurs homologues en Turquie et offrent des packages «all inclusive» qui comprennent toutes les prestations.

– Pourtant, la Turquie reste une destination très coûteuse ?

Le billet d’avion coûte encore très cher parce qu’il y a une forte demande, tandis que le nombre de vols est limité. Il y a uniquement un vol de Turkish Airline qui part chaque jour, plus cinq vols par semaine d’Air Algérie. Il n’y a pas de charter ni d’autres compagnies aériennes qui assurent la desserte entre la Turquie et l’Algérie. C’est pour cela que les billets atteignent jusqu’à 80 000 DA pour Istanbul. Je pense donc que ce sont les gens les plus aisés qu’on a captés parmi ceux qui avaient l’habitude de partir en Tunisie. Cette année, nous allons accorder environ 70 000 visas aux Algériens dont 40 000, voire peut-être 50 000 qui seront des touristes. Un tiers des visas qu’on octroie sont de type multiple. Mais on ne peut pas dire avec précision quel sera le nombre exact de touristes, car un homme d’affaires qui dispose d’un visa multiple peut bien faire 5 voyages en Turquie dont deux seront pour des raisons touristiques.

– Au vu de l’intérêt croissant, y a-t-il un travail qui se fait pour rendre cette destination plus accessible financièrement pour le touriste algérien?

Augmenter le nombre de vols quotidiens ou hebdomadaires relève des compétences des deux autorités de l’aviation civile qui doivent se mettre d’accord. Cela dépend d’un accord bilatéral qui pourrait intervenir suite à des consultations entre les deux autorités, mais pour l’instant, il n’y a rien de concret à ce sujet, même s’il y a des discussions en cours. Les billets sont chers, certes, mais les prix sont déterminés d’abord par l’offre et la demande. Si on augment le nombre de vols et donc l’offre, il est clair que les prix vont baisser. Actuellement, pour un trajet de trois heures entre l’Algérie et la Turquie, on peut considérer que le coût est très élevé.

– Qu’en est-il de l’intérêt des Turcs pour l’Algérie ?

Il y a surtout des hommes d’affaires qui viennent en Algérie pour examiner la possibilité d’y faire du business. Il y en a très peu qui viennent pour des raisons touristiques et cela renvoie à la propre politique touristique de votre pays. L’Algérie essaye d’attirer les touristes, mais pour cela il faut avoir une campagne de publicité intense, promouvoir la destination…  Pour l’instant, j’ai l’impression qu’il n’y pas de politique globale pour promouvoir l’Algérie comme une destination touristique ; du moins pas en direction des touristes turcs. Il y a un travail de marketing à faire, notamment envers la Turquie. Les Marocains font par exemple beaucoup de promotions de leur pays chez nous. L’Algérie peut faire pareil pour son Sahara, ses monuments historiques ou ses sites culturels, car avec l’augmentation du niveau de vie en Turquie, il y a beaucoup de gens qui veulent faire du tourisme culturel. En dehors du marketing, il faut aussi multiplier les infrastructures. Les hôtels sont actuellement très chers ; il y a de très belles côtes, mais qui ont besoin d’être aménagées. Je reste néanmoins très optimiste pour le futur du tourisme algérien.

– L’intérêt algérien de cette année sera-t-il durable ?

Cette tendance sera durable, car nous sommes une destination touristique. On 2011, nous allons accueillir 30 millions de touristes, ce qui nous place 9e dans le monde. La qualité de service fait que les gens reviennent toujours et je pense que les Algériens que nous avons captés cette année reviendront encore les prochaines années.

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