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Le dispositif d’alerte au tsunami en Méditerranée testé « avec succès » auprès de 31 pays 12 août 2011

Posted by Acturca in Istanbul, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie.
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Le Monde (France) vendredi 12 août 2011, p. 8

Guillaume Perrier, Istanbul Correspondance

Un exercice coordonné depuis Istanbul visait à évaluer l’efficacité de la chaîne de communication

Il est 13 h 36 ce mercredi 10 août à Istanbul, 10 h 36 GMT, quand les ingénieurs du centre de recherche sismique de l’observatoire de Kandilli, à Istanbul, donnent le signal et déclenchent une alerte anti-tsunami en pianotant sur un clavier. En quelques minutes, des dizaines de courriers électroniques et de fax sont envoyés depuis les ordinateurs de l’observatoire turc, destinés aux autorités scientifiques et aux organismes de protection civile.

« 51 fax et 81 courriels vont être envoyés et, cette année, nous avons ajouté les communications satellitaires avec le système GTS (Global Telecommunication System) », précise Ocal Necmioglu, géophysicien au centre de Kandilli.

Cet exercice, auquel participent 31 pays – dont la France avec le Centre national d’alerte aux tsunamis (Cenalt) -, est un test à grande échelle pour le Système de diffusion d’alerte anti-tsunami dans l’Atlantique Nord et la Méditerranée (NEAMTWS), supervisé par la Commission intergouvernementale océanographique de l’Unesco.

Selon les organisateurs, le but « est de s’assurer de l’efficacité de la communication entre les centres régionaux et nationaux et les vecteurs du dispositif d’alerte anti-tsunami ». Plusieurs tests de ce type auront encore lieu avant la mise en service officielle du système d’alerte régional, d’ici fin 2012. Le prochain sera organisé par le Portugal.

« La prévention des catastrophes naturelles ne peut avoir de sens que si on déclenche l’alerte au bon moment, si on délivre l’information aux bonnes personnes et en un temps réduit, indique Ocal Necmioglu. Nous allons comprendre comment se propage l’information grâce aux informations détaillées que vont nous fournir les autorités nationales de chaque pays. »

La Méditerranée est l’une des quatre zones particulièrement soumises aux risques de séismes et de tsunamis. La côte sud asiatique, le Pacifique et les Caraïbes se sont dotés d’un système d’alerte similaire, coordonné par l’Unesco.

Les géophysiciens de Kandilli estiment qu’environ 90 tsunamis se sont produits en Méditerranée au cours des trois mille dernières années. En 1303, un séisme dévasta la Crète et des vagues hautes de neuf mètres déferlèrent sur Alexandrie, en Egypte. Même scénario à Lisbonne, ravagée en 1755, et en Sicile en 1908, où l’on dénombra 100 000 morts.

En 1999, le séisme d’Izmit, à 50 km d’Istanbul, fit 20 000 victimes et provoqua une brusque montée des eaux. Traversée par de nombreuses failles, la région connaît une intense activité sismique. « Elle est moins forte que dans le Pacifique, mais, comme nous sommes dans une mer fermée, les tsunamis peuvent arriver plus vite », précise M. Necmioglu.

Derrière lui, le sismographe s’agite de temps en temps. En une demi-journée, cinq petites secousses d’une magnitude inférieure à 3 ont été enregistrées sur le territoire turc. Les séismes plus sérieux, supérieurs à 5,5, suffisants pour déclencher un tsunami, sont fréquents le long des failles qui traversent l’Anatolie.

Dès mercredi soir, le centre de recherche stanbouliote estimait que l’opération avait été « un succès », en attendant une analyse plus approfondie dans les semaines à venir. Seuls deux fax ne sont pas parvenus à leur destinataire. « Le temps écoulé entre l’envoi de l’alerte et sa réception n’a pas excédé trois minutes, que ce soit par connexion satellitaire ou par courriel », constate Ocal Necmioglu.

Cet exercice qui rassemblait de nombreux pays européens ainsi que l’Egypte, la Syrie, Israël, le Liban, l’Ukraine et la Russie, sera répété et amplifié d’ici à la fin 2012 et ouvre la voie à la création de centres régionaux d’alerte aux tsunamis. Les deux premiers verront le jour cette année : en France, au Centre de l’énergie atomique; et à l’observatoire de Kandilli, à Istanbul.

Le laboratoire turc dispose déjà d’un centre d’alerte national opérationnel et expérimenté, d’un réseau de 116 stations de mesure de l’activité sismique, disposées sur tout le territoire national.

Depuis la fin de l’année 2010, cinq capteurs sous-marins ont également été installés sur la ligne de faille nord anatolienne, qui passe en mer de Marmara à 20 km des côtes d’Istanbul. Cette portion de faille est sous étroite surveillance : un séisme d’une magnitude supérieure à 7 est prédit par la totalité des sismologues d’ici trente ans.

Les observatoires amphibies analysent notamment la pression et les bulles de gaz, pour tenter de déceler les signes précurseurs d’un séisme et de raccourcir encore le temps de réaction.

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