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Escalade militaire entre la Turquie et le PKK 19 août 2011

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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24 Heures (Suisse) vendredi 19 août 2011, p. 11

Gabrielle Danzas, Istanbul

En représailles à une nouvelle attaque contre des soldats, l’aviation turque a bombardé des camps rebelles kurdes en Irak

Le premier ministre turc avait indiqué qu’il attendrait la fin du ramadan pour riposter aux attaques des rebelles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) contre l’armée. Recep Tayyip Erdogan n’en a pas eu la patience. Dans la soirée de mercredi et au cours des premières heures de la nuit, les F16 turcs ont pilonné des camps des insurgés kurdes installés dans les montagnes du nord de l’Irak.

Soixante cibles ont été visées «avec succès», selon un communiqué de l’état-major. Ces raids massifs sont intervenus en représailles à une embuscade meurtrière du PKK qui a eu lieu quelques heures plus tôt: huit soldats et un milicien kurde ont trouvé la mort lorsqu’un convoi de blindés a sauté sur des mines sur une route du sud-est turc, près de la frontière irakienne. En un mois, au moins 30 militaires ont été tués lors d’attaques de la rébellion.

Cette recrudescence de la violence a déclenché une surenchère verbale va-t-en-guerre des deux côtés. «Notre patience est à bout, a déclaré le chef du gouvernement. Ceux qui ne prennent pas leur distance avec le terrorisme vont en payer le prix. » Via Firat, une agence de presse prokurde, Murat Karayilan, le No 2 du PKK, qui est retranché dans les montagnes irakiennes a affirmé que «la Turquie serait dévastée si nous appuyions sur le bouton de la guerre». Ces propos sont révélateurs de l’impasse totale dans laquelle se trouve la résolution du problème kurde. Le conflit entre PKK et l’Etat turc dure depuis 1984 et a fait plus de 45 000 morts.

Ces deux dernières années, des droits supplémentaires ont été accordés aux Kurdes, mais Ankara refuse de satisfaire les principales revendications de la guérilla, comme l’amnistie des rebelles, l’autonomie pour la région du sud-est majoritairement kurde ou le droit à l’enseignement dans la langue maternelle. «Le projet de paix du gouvernement n’était pas assez fort et global», analyse Nuray Mert, éditorialiste au quotidien Milliyet.

La voie politique pour faire taire les armes semble aujourd’hui bloquée. Les 35 députés du parti prokurde, élus en juin, boycottent le parlement pour protester contre la détention de cinq d’entre eux. Des centaines d’activistes, d’élus locaux, de journalistes kurdes sont également accusés d’appartenance au PKK et emprisonnés depuis des mois. En dehors de la riposte militaire et de la création d’unités spéciales de la police pour traquer les rebelles, les autorités n’ont pour l’instant annoncé aucune mesure pour tenter de faire baisser la tension.

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