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Le Moyen-Orient et la démocratie 1 septembre 2011

Posted by Acturca in Books / Livres, Middle East / Moyen Orient, Religion, Turkey / Turquie.
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Les Echos, no. 21007, jeudi 1 septembre 2011, p. 13
Livres

Jacques Hubert-Rodier

L’historien, inventeur du « concept du choc des civilisations », perçoit désormais une voie pour l’éviter. Même si les révolutions arabes l’ont pris de court.

Rarement un spécialiste de l’histoire de l’islam et du Moyen-Orient n’a autant influencé les choix politiques voire militaires d’un gouvernement bien au-delà de sa spécialité et déclenché autant de polémiques autour de ses thèses. Bernard Lewis -qui, bien avant Samuel Huntington, a inventé le concept du « choc des civilisations » -n’a pas prévu, comme la plupart des experts, les événements qui allaient bouleverser, vingt ans après la chute du mur de Berlin, le monde arabe. L’intellectuel a continué de suivre la piste d’un rôle essentiel des puissances occidentales pour la transformation de cette région, comme le fut à sa manière la guerre d’Irak de 2003. Mais, dans « Le Pouvoir et la Foi », un recueil de textes et de conférences des dernières années traduit en français, le professeur émérite à l’université de Princeton, aujourd’hui âgé de quatre-vingt-quinze ans et l’un des inspirateurs des néoconservateurs sous George W. Bush, apporte des pistes de réflexion sur les causes historiques de ces événements et peut-être sur la façon demain de concilier islam et démocratie. Ces textes, qui comportent parfois des répétitions, permettent de retracer ce qui oppose aux yeux

L’extrait.« Malgré toutes [les] difficultés, les obstacles, l’idéal démocratique connaît aujourd’hui une montée en puissance dans la région, et de plus en plus d’Arabes en arrivent à la conclusion qu’il s’agit de la meilleure solution, voire de la seule solution, à leurs problèmes économiques, sociaux et politiques. »

L’auteur. Né le 16 mai 1916 à Londres, Bernard Lewis est professeur à princeton. En 1957, il a lancé l’idée que les conflits au Moyen-Orient n’opposaient pas des Etats mais étaient un « choc des civilisations ».

de l’auteur l’islam , où la séparation des pouvoirs entre Etat et religion (« pouvoir » et « foi ») a été pendant longtemps une notion absente, à la « chrétienté », où la doctrine de la séparation des pouvoirs est quasi généralisée. Et pourtant depuis longtemps les interactions entre les deux mondes sont de plus en plus importantes. Lewis note ainsi l’arrivée depuis longtemps de « l’homme politique » en terre d’islam, une figure très éloignée des conceptions de l’islam classique, voire du journaliste, de l’écrivain. Mais aussi de l’attrait de plus en plus fort de la notion de liberté. Et l’auteur, qui se veut visionnaire, reprend sa thèse selon laquelle si les dictatures modernes ont pu s’imposer au Moyen-Orient, l’idée de liberté peut aussi s’y implanter. Mais cette notion sera-t-elle la même que celle définie en Occident ? Dans ces textes au ponant de son long travail, Bernard Lewis, une nouvelle fois, laisse transparaître son immense admiration pour la République turque, qui a justement su marier islam et démocratie, et reste peu critique à l’égard de l’AKP. Mais il y a aussi un autre pays qui a construit une « quasi-démocratie » : l’Iran, qui aurait pu fournir un modèle rival à celui de la Turquie. Même si à la différence de la Turquie, la république islamique s’en est fortement éloignée….

« Le Pouvoir et la Foi » par Bernard Lewis, Editions Odile Jacob,268 pages, 23,90 euros

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