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La guerre des gazoducs repart de plus belle en Europe 20 septembre 2011

Posted by Acturca in Caucasus / Caucase, Energy / Energie, Russia / Russie, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) 20 Septembre 2011, p. 22

Thibaut Madelin

Face à Nord Stream et South Stream, menés par le géant russe Gazprom, la Commission européenne défend le gazoduc Nabucco. Mais d’autres projets concourent pour ce « corridor sud » censé acheminer du gaz d’Azerbaïdjan vers l’Europe.

Alors qu’EDF a signé vendredi sa prise de participation de 15 % dans le projet South Stream, mené par le géant russe Gazprom, la guerre des gazoducs reprend de plus belle en Europe. Les regards se tournent vers l’Azerbaïdjan, où les actionnaires de la deuxième tranche du gisement gazier Shah Deniz doivent décider d’ici à la fin de l’année par quelle route ils exporteront une partie de leur production vers l’Europe. En concurrence : les projets Nabucco, soutenus par la Commission européenne, ITGI (Interconnexion Turquie-Grèce-Italie) et TAP (Transadriatic Pipeline). Les promoteurs des trois projets doivent remettre leur candidature le 1er octobre.

« Nous soutenons le projet Nabucco », a déclaré vendredi à Paris le ministre de l’Energie de l’Azerbaïdjan, Natiq Aliyev, à l’occasion d’une rencontre organisée par la députée européenne Rachida Dati. Quelques minutes plus tard, il précisait toutefois que « ITGI est très important pour nous »… La veille, il avait décidé avec son homologue français, Eric Besson, d’ouvrir la négociation d’un accord de coopération dans l’énergie.

Selon Elshad Nassirov, vice-président chargé du marketing et des investissements de Socar, la compagnie pétrolière publique azerbaïdjanaise, la décision sera prise avec les autres actionnaires de Shah Deniz 2, à savoir l’opérateur britannique BP, le norvégien Statoil, le russe Loukoïl ou encore le français Total. « Nabucco ne sera pas nécessairement le premier projet », confie-t-il aux « Echos ».

Personne n’est dupe, le choix sera essentiellement géopolitique. Mais des aspects techniques joueront aussi, comme la cohérence entre les capacités des gisements et des gazoducs. C’est là que le bât blesse pour Nabucco, dont l’allemand RWE et l’autrichien OMV sont actionnaires. Le projet censé traverser la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche vise une capacité de 31 milliards de mètres cubes par an, alors que l’Azerbaïdjan prévoit d’exporter seulement 10 milliards de mètres cubes par an vers l’Europe. « Il va falloir trouver de très importantes quantités de gaz à mettre dedans », reconnaît un haut fonctionnaire français.

Les avantages du projet ITGI

Mais la Commission européenne est décidée à construire ce gazoduc pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie, qui livre déjà le quart du gaz européen. Elle a reçu lundi dernier le mandat des Vingt-Sept pour ouvrir des négociations avec l’Azerbaïdjan, mais aussi avec le Turkménistan. Objectif : accroître les volumes qui passeraient dans le gazoduc.

Pas de quoi décourager le concurrent principal de Nabucco. « ITGI est le projet le plus mûr et le plus avancé car il y a déjà un lien entre la Turquie et la Grèce », déclare Harry Sachinis, président de la compagnie gazière grecque Depa, actionnaire du projet avec l’italien Edison. Autre avantage à ses yeux : son coût d’environ 5 milliards de dollars, contre 10 à 20 milliards pour Nabucco, selon les estimations. Sans oublier sa taille, qui correspond exactement aux capacités d’exportation de l’Azerbaïdjan. « Seul Shah Deniz 2, qui sera exploité en 2017, sera disponible pour l’Europe », affirme le patron, pour qui les deux projets ne sont pas nécessairement incompatibles.

Paradoxalement, la crise de la dette grecque pourrait donner un coup de pouce à Depa et à son projet de gazoduc. Pour obtenir l’aide du Fonds monétaire international et de l’Europe, la Grèce s’est notamment engagée à vendre 55 % de Depa. Une opportunité de plusieurs centaines de millions d’euros qui intéresse particulièrement Socar, pressé de mettre un pied à l’ouest. Une prise de participation de la compagnie azerbaïdjanaise pourrait favoriser le projet ITGI.

GDF Suez regarde aussi le dossier Depa, mais sans grande conviction. « La situation économique de la Grèce est très compliquée », observe un proche de la direction. Quant à l’Etat français, il soutient le projet Nabucco, mais ne cache pas son intérêt pour ITGI, qui comporte deux avantages. D’abord, il desservirait Edison, dont EDF veut faire sa plate-forme gazière européenne. Ensuite, contrairement à Nabucco, il n’est pas perçu comme une menace par Gazprom, partenaire d’EDF et de GDF Suez, respectivement actionnaires de South Stream et de Nord Stream. Eric Besson préfère parler de « corridor sud », qui « sera à terme complémentaire des autres routes du gaz pour la fourniture de l’Europe ».

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