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Entretenir ses racines pour s’épanouir 6 novembre 2011

Posted by Acturca in France, Immigration, Turkey / Turquie.
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La Montagne (France) 6 novembre 2011

Maud Turcan

Originaire de Turquie, Pinar Turkoglu est arrivée en France en 2009. Installée dans la région thiernoise, elle enseigne sa langue maternelle aux enfants de familles turques dans le cadre d’une mission encadrée par l’Éducation nationale.

«j’ai vu l’annonce lancée par le ministère français de l’Éducation nationale. Je me suis dit pourquoi pas J’ai essayé de passer les trois examens nécessaires pour venir. J’ai réussi et nous sommes partis, mon mari, mon fils et moi. » À cette époque, Pinar Turkoglu a 28 ans. Elle enseigne la littérature dans un collège d’Ankara depuis sept ans. Elle n’a jamais mis les pieds en France.

Le 24 octobre 2009, elle arrive à Thiers où elle doit s’installer pour cinq ans, la durée de sa mission en tant qu’enseignante de langue et culture d’origine (Elco).

« Je suis arrivée un samedi en fin de journée. Dès le lendemain, je suis sortie pour me balader mais tous les magasins étaient fermés. En Turquie, tout est ouvert le dimanche et ça m’a beaucoup surprise de ne voir personne dans les rues. Depuis, j’ai découvert le rythme de vie en France », se souvient Pinar Turkoglu.

Au sein de quatre écoles (*), elle prend en charge plus de 120 enfants de 7 à 10 ans, scolarisés du CE1 au CM2. Presque tous parlent déjà le turc mais aucun ne sait l’écrire ou le lire. Avec des manuels scolaires adaptés, financés par la Turquie (voir par ailleurs), Pinar Turkoglu pose les bases d’un apprentissage qui ne va pas forcément de soi. « C’est parfois difficile car les enfants ont déjà intégré le français. Nous devons commencer par les bases, l’alphabet, où il y a quelques différences : nous avons 29 lettres, les lettres Q, W et X n’existent pas chez nous mais nous en avons six supplémentaires », explique la jeune enseignante.

S’appuyant sur des études qui prouvent l’intérêt du bilinguisme et l’importance de la reconnaissance de la culture d’origine dans le développement de l’enfant issu de l’immigration, Pinar Turkoglu conçoit son enseignement comme une passerelle. « Mes cours font toujours des allers-retours entre les deux langues, pour montrer les similitudes ou les différences. Et parfois, une explication sur une notion de grammaire en turc peut débloquer une situation en français », explique-t-elle.

Et elle fait de même pour les cultures. Sans privilégier l’une ou l’autre, elle insiste sur la notion d’ouverture. Une démarche qu’elle partage avec les associations turques de la région. Le 23 avril dernier, par exemple, Pinar Turkoglu a pris part aux festivités organisées à Ambert, à l’occasion de la journée internationale des enfants.

Pour elle, il est aussi important d’apprendre à connaître son pays d’accueil que de faire connaître sa terre natale. Sachant qu’elle regagnera son pays en 2014, elle profite avec plaisir de son séjour en France. Son seul regret : ne pas avoir trouvé des baklavas qui rivalisent avec celles qu’elle dégustait à Ankara. Mais Pinar Turkoglu est tenace, elle cherchera encore.

(*) Plus de 120 enfants sont concernés par le dispositif : une vingtaine à George-Sand et Émile-Zola, à Thiers ; une quarantaine au Chambon, à la Monnerie ; une cinquantaine à Henri-Pourrat, à Ambert.

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