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Les Balkans et la crise de l’euro 19 novembre 2011

Posted by Acturca in Economy / Economie, EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est.
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24 Heures (Suisse) samedi 19 novembre 2011, p. 2

Bashkim Iseni *

L’instabilité de l’euro et la crise grecque ont des répercussions aussi bien dans les pays membres de l’Union européenne que parmi ceux qui l’entourent. Les effets collatéraux se ressentent notamment dans les Balkans occidentaux (ex-Yougoslavie et Albanie), dont les économies sont précaires et les perspectives d’adhésion, mises à rude épreuve.

Un rapport de la Banque mondiale publié cette semaine relève un ralentissement de la croissance économique dans cette région. Ce fléchissement est dû, entre autres, à l’utilisation de l’euro comme monnaie de référence ou nationale (Monténégro et Kosovo), mais aussi à la baisse des exportations vers les pays de l’Europe occidentale. En outre, la diminution des investissements directs, de même que des versements en provenance des nombreux émigrés gagnant leur vie dans les pays européens, contribue à freiner la croissance.

Afin d’y voir plus clair sur les pers- pectives politiques et économiques de cette région, le Centre de politique de sécurité établi à Genève a récemment réuni une myriade d’acteurs et de connaisseurs pointus du monde balkanique. Des intervenants ont relevé un certain nombre de changements positifs dans la coopération économique des Balkans occidentaux. Ces dynamiques nouvelles sont la conséquence d’une prise de conscience du retard que ces pays ont accumulé en raison des litiges politiques qui perdurent. Selon les experts, ces changements auront des retombées à moyen terme en faveur d’une intégration politique intrarégionale.

Cependant, en parallèle, des ten- sions politiques palpables persistent, sur le statut du Kosovo notamment; et les Etats des Balkans demeurent fragiles sur les plans institutionnel et financier. Leurs budgets à venir s’annoncent préoccupants en raison de pannes de la productivité sur un marché de plus en plus libéralisé. Ainsi, leurs ressources financières sont limitées et plombent les solutions nécessaires face aux grands défis de l’emploi, de même que les indispensables investissements dans des infrastructures vétustes et dans le domaine de l’énergie.

En outre, force est de constater que des entrepreneurs «ethniques» sont à l’oeuvre pour tenir en otage tout progrès dans la région, car ils cherchent à préserver le statu quo politique actuel qui leur procure du profit matériel.

La crise que traverse l’UE et les priorités politiques qui s’imposent ont des incidences sur l’agenda de l’élargissement aux Balkans occidentaux. Mais repousser sine die les échéances pourrait renforcer l’argumentaire des politiciens eurosceptiques (lire nationalistes) de ces pays, qui ne voient pas d’un bon oeil le processus d’européanisation et cachent à peine leurs visions politiques, orientées dans d’autres directions que Bruxelles.

Et, pendant ce temps, des pays comme la Turquie, la Russie ou la Chine commencent à asseoir leur présence dans les Balkans occidentaux

* Bashkim Iseni, Directeur de l’agence albinfo.ch et chercheur au SFM, Université de Neuchâtel

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