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La Turquie est devenue le pire ennemi de la Syrie 19 novembre 2011

Posted by Acturca in France, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Tribune de Genève (Suisse) samedi 19 novembre 2011, p. 7

Cathy Macherel

Paris et Ankara ont encore haussé le ton hier. La Turquie semble plus que jamais décidée à presser Damas

A quelques heures d’un ultimatum fixé à Damas par la Ligue arabe pour que cesse la répression, les violences ont encore éclaté hier en Syrie. Les forces de sécurité ont tiré pour disperser des milliers de manifestants dans de nombreuses villes, faisant au moins onze morts, dont un enfant, selon les opposants. Trois membres des forces de sécurité ont par ailleurs été tués à Hama.

Sur le plan diplomatique, la France et la Turquie ont encore haussé le ton, demandant à ce quela communauté internationale accroisse la pression sur le régime syrienpar la voie de sanctions. «Au lieu d’écouter son peuple, l’administration syrienne a pointé des armes contre sa propre population», a accusé hier le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, qui n’a cessé de lâcher phrases accusatrices et menaces de sanctions (l’approvisionnement en électricité, qui représente 60% de la consommation syrienne) ces derniers jours. Une Turquie laissant les opposants syriens – du Conseil national syrien aux gradés de l’Armée libre – s’organiser sur son territoire et qui semble bien avoir pris le leadership des pressions internationales exercées sur Damas.

Au printemps dernier, le premier ministre Recep Erdogan répétait encore que la crise en Syrie relevait de ses affaires internes. Pas question de froisser un voisin avec lequel elle partage 900 km de frontière, celle-ci étant d’ailleurs traversée par des échanges commerciaux en plein essor (+43% en 2010). La position des Turcs a donc d’abord consisté à jouer les médiateurs. Mais face à la surdité de Damas, cette position est devenue rapidement intenable. «Plus la Turquie attend, plus la menace grandit devoir la déstabilisation syrienne joueren sa défaveur. Damas a toujours été un faux ami pour Ankara, car à tout moment capable de réveiller les Kurdes», relève Fabrice Balanche, expert du Moyen-Orient et maître de conférences à l’Université de Lyon. En avril dernier, le retour d’exil du leader kurde Mohammed Saleh Mouslim, que le pouvoir syrien laisse s’organiser au nord du pays, avait agacé la Turquie. La volonté d’exporter son modèle islamo-modéré dans le contexte des révolutions arabes expliquerait aussi les ardeurs de la Turquie.

Les pro-Assad qualifient d’ailleurs cette politique de «néo-ottomane». «La Turquie à majorité sunnite a vu dans la crise syrienne l’occasion de rejouer un rôle prépondérant au Moyen-Orient avec pouralliés Ennahda en Tunisie ou les Frères musulmans égyptiens», dit Jean-René Belliard, expert de la région. Ce n’est pas un hasard si les Frères musulmans ont laissé entendre jeudi qu’«une intervention turque en Syrie serait acceptable». «C’est bien une alliance cherchant à briser l’axe irano-syrien des chiites et des alaouites qui se dessine», conclut Jean-René Belliard.

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