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L’adhésion de la Turquie disparaît de l’horizon 22 novembre 2011

Posted by Acturca in Economy / Economie, EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Agence Europe, 22 novembre 2011

par Ferdinando Riccardi

La logique s’impose. La visite à Istanbul, la semaine dernière, des commissaires européens Karel De Gucht et Stefan Füle a consolidé le tournant dans la bonne direction des relations entre l’UE et la Turquie, c’est-à-dire: renoncer à l’adhésion et élargir et renforcer les relations et la coopération par d’autres voies. Les deux articles dans notre bulletin n° 10498 sont clairs. L’accueil des milieux d’affaires turcs et de la société civile à l’Agenda proposé par la Commission face à la stagnation des négociations d’adhésion a été encourageant, a constaté M. Füle, dans l’objectif explicite d’insuffler un nouvel élan aux liens réciproques.

M. De Gucht est entré dans les détails. La Turquie est pour l’UE le septième partenaire commercial: l’UE absorbe presque 50% des exportations turques et fournit 80% des investissements directs. Pourtant un vaste potentiel d’expansion des relations économiques subsiste, car l’Union douanière actuelle entre les deux parties ne couvre que les marchandises, et les négociations pour l’étendre aux services et aux marchés publics sont gelées depuis 2002. On devrait avancer notamment dans ces deux domaines et développer d’autres aspects de coopération. Sous-entendu: il faudrait le faire sans se soucier d’une adhésion théorique et de toute manière bloquée, alors que tout indique que les autorités turques ne font aucun effort pour la débloquer.

Certes, la Turquie ne renoncera formellement au projet de l’adhésion qu’en échange de contreparties d’envergure. Mais son attitude politique -que ce soit à l’égard de «sa» partie de Chypre ou par ses initiatives dans le monde arabe et dans les régions orientales de l’ancien Empire Ottoman- indique clairement sa volonté d’autonomie ; la Turquie n’a aucune intention de passer par les procédures et les institutions communautaires pour agir. Et laissons de côté le problème kurde, qui en cas d’adhésion deviendrait communautaire, alors que l’UE doit éviter soigneusement d’y être impliquée.

La rhétorique aura toujours ses partisans et on continuera donc de parler d’adhésion ; plusieurs organismes de l’UE ne manquent jamais l’occasion de la soutenir avec un élan inconscient, sans réfléchir à ce que cette adhésion impliquerait pour le financement des politiques de cohésion et de la politique agricole commune. Mais ceux qui, d’un côté comme de l’autre, comprennent la réalité, ont mis l’adhésion de côté et visent à présent des formes de coopération euro-tuque plus réalistes et plus efficaces. L’Agenda présenté à Istanbul par deux commissaires européens a donné un caractère presque officiel à cette orientation.

Grèce: VGE avait bien compris. Enfin ! Je peux à présent m’appuyer sur Valéry Giscard d’Estaing (protagoniste essentiel en son temps de l’affaire hellénique) pour souligner l’exigence de ne pas confondre la double situation de la Grèce: État membre de l’UE d’un côté, pays de la zone euro de l’autre. Combien de fois on mélange les deux, en jetant l’opprobre sur les institutions communautaires et sur les autorités nationales, accusées de vouloir chasser de l’UE le berceau de la civilisation européenne !

En fait personne n’imagine même de loin un crime de ce genre: la Grèce restera dans l’UE de toute manière et y bénéficiera de soutiens accrus. VGE est celui qui a voulu son adhésion, mais qui ensuite a considéré comme « une grave erreur » le feu vert à son entrée dans la monnaie unique.

Son entretien de la semaine dernière avec un journaliste du Monde est très clair et explicite. VGE a signé le 28 mai 1979, en tant que président en exercice de la Communauté européenne (c’était le nom de l’UE à l’époque), l’acte d’entrée de la Grèce, après s’être battu en ce sens pour des raisons de principe, même si certaines conditions n’étaient pas entièrement remplies: « Le pays était désorganisé, sa démocratie n’était pas encore solidement établie, il n’avait aucune frontière commune avec d’autres États membres ; les réticences dans les institutions et les capitales étaient nombreuses. » Mais pour VGE, la décision était politique: « La Grèce était synonyme de culture ; l’idée qu’elle soit laissée à la porte de l’Europe était insupportable.» Toutefois, quelques années plus tard, « la décision de faire participer la Grèce à la monnaie unique était une grave erreur ». Comment y remédier ? « Reste la solution de la sortie de l’euro, qui ne signifie pas du tout une sortie de l’UE, comme on le dit à tort à Bruxelles. Retourner à la drachme c’est faisable, même si c’est sans doute difficile. La Grèce retrouverait ainsi le droit de dévaluer sa monnaie. Comment faire pour qu’elle renoue avec la croissance ? Les mesures mises en œuvre ne vont pas dans ce sens.» Conclusion: « La Grèce représente 1,3 millième de la population mondiale. Il n’y a aucune raison d’en faire une affaire planétaire.» Une manière de dire, avec l’œil tourné vers le monde de la finance, que les complications sont en partie artificielles.

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