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En Turquie, une liberté de la presse sur le fil 23 novembre 2011

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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Libération (France) mercredi 23 novembre 2011, p. 29

Ragip Duran

Sous un soleil d’hiver, des dizaines de journalistes, d’universitaires, d’activistes des droits de l’homme et d’observateurs étrangers étaient rassemblés hier devant la 16e cour d’assises d’Istanbul en signe de solidarité avec les journalistes inculpés. Des pancartes et banderoles en turc et en anglais défendent la liberté de presse : «Une société ne peut être libre qu’avec une presse libre.» Les amis des journalistes portent un tee-shirt sur le quel est imprimé la photo d’un journaliste qui a des lunettes en forme de menottes…

C’est un procès de médias comme la Turquie en avait connu beaucoup dans les années 80 et 90, mais tous espéraient cette époque révolue. Et cette fois, parmi les neuf journalistes inculpés, tous accusés d’appartenir à «l’organisation terroriste Ergenekon», figurent deux célèbres reporters d’investigation Ahmet Sik et Nedim Sener, lauréat 2010 de l’Institut international de la presse, passibles d’une peine allant jusqu’à quinze ans de prison (Libération du 12 octobre). Ces deux journalistes, mis en cause pour leurs seuls écrits, avaient en outre été les premiers à mettre en lumière les activités de ce réseau ultranationaliste soupçonné d’avoir voulu créer, par des attentats, le climat favorable à un coup d’Etat. D’où l’absurdité des accusations, mais la cour a refusé leur mise en liberté provisoire. La prochaine audience aura lieu le 26 décembre.

En fait, Ahmet Sik dans un livre intitulé l’Armée de l’imam, avait évoqué les infiltrations dans la police et dans l’Etat de la puissante confrérie islamiste de Fethullah Gülen. Le livre fut saisi avant même sa publication. Le procureur l’accusa «de vouloir orienter l’opinion pour perturber les procès en cours» sur Ergenekon où sont inculpés notamment de nombreux militaires. «Un livre plus dangereux qu’une bombe» avait dit le Premier ministre.

Le procès est une claire intimidation alors que la situation de la liberté de la presse se dégrade de plus en plus en Turquie. Quelque 71 journalistes sont inculpés pour leurs écrits, notamment pour des articles sur la question kurde. La critique du gouvernement est devenue un exercice à risque. «Il est de plus en plus difficile de comprendre où se situe la limite entre ce que l’on peut écrire ou pas écrire» note la journaliste Ferai Tinc, présidente de l’Institut de la presse en Turquie, qui s’inquiète «de la montée de l’autocensure».

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