jump to navigation

En Turquie, protestations officielles contre la France avant un vote au Palais-Bourbon sur le génocide arménien 19 décembre 2011

Posted by Acturca in France, History / Histoire, Turkey / Turquie.
Tags: , , , ,
trackback

Le Monde (France) lundi 19 décembre 2011, p. 4

Guillaume Perrier

Les relations franco-turques menacent de connaître une nouvelle période de turbulences. Dans une lettre envoyée vendredi 16 décembre au président de la République, Nicolas Sarkozy, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a averti Paris des  » graves conséquences «  pour les relations bilatérales,  » sur le plan politique, économique et culturel « , qu’impliquerait l’adoption d’une loi pénalisant la négation du génocide arménien.

L’Assemblée nationale française doit examiner, le 22 décembre, une proposition de loi déposée par la députée (UMP) Valérie Boyer, fruit du travail d’un avocat de Marseille, Philippe Kirkorian, selon laquelle toute personne qui nierait ou contesterait le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman par le gouvernement nationaliste Jeune Turc en 1915 serait passible d’un an de prison et de 45 000 euros d’amende.

Le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a dénoncé cette semaine la  » mentalité moyenâgeuse  » de la France et les  » calculs électoralistes du président Sarkozy « .

La diplomatie turque ne veut pas, pour le moment, parler de sanctions, évoquant seulement un éventuel rappel de l’ambassadeur à Paris pour consultations,  » une mesure de routine « . S’il était adopté par les députés, le texte devrait encore passer devant le Sénat, qui avait rejeté une proposition de loi similaire, en mai, ainsi que le souhaitait l’Elysée. Comme, depuis, le Sénat a changé de majorité, le résultat du vote pourrait être différent. Tous les leviers de pression se mettent en place. L’association patronale Tüsiad et l’Union des chambres de commerce et d’industrie (TOBB) ont envoyé une délégation à Paris pour y rencontrer des représentants du Medef. En 2006, après le vote du texte en première lecture à l’Assemblée nationale, la Turquie avait exclu les entreprises françaises de marchés publics et écarté GDF d’une participation au projet de gazoduc Nabucco.

Tabou historique

Depuis l’adoption par la France, en 2001, d’une loi reconnaissant le génocide arménien de 1915, la question s’invite régulièrement dans les relations franco-turques.  » Malheureusement, à chaque fois que la France entre en campagne électorale, ce type d’attitude se manifeste de nouveau « , déplore Volkan Bozkir, président de la commission des affaires étrangères au Parlement, qui conduira un groupe de députés turcs devant arriver lundi 19 décembre à Paris pour deux jours de consultations. Les intérêts économiques – les échanges se montent à 8 milliards d’euros – et la coopération culturelle pourraient pâtir de cette situation, prévient ce député du parti au pouvoir AKP.  » Ce sujet doit être laissé aux historiens et ne peut pas être jugé par les parlements « , estime Yusuf Halaçoglu, élu du parti nationaliste MHP et ancien directeur de l’Institut d’histoire turque, qui a élaboré la version officielle de l’Etat turc sur la tragédie de 1915.

La délégation turque représentera  » un Parlement à l’unisson « , selon Osman Korotürk, député du parti kémaliste CHP et ex-ambassadeur turc en France. Mais les députés du parti kurde BDP, favorables à une reconnaissance du génocide arménien, ont affirmé ne pas avoir été invités à y participer.

Vendredi, une cinquantaine de militants nationalistes du Comité Talaat Pacha, du nom du ministre de l’intérieur qui organisa à l’époque la déportation des Arméniens, ont manifesté devant l’ambassade de France à Ankara.

Plus que l’hostilité, cette initiative provoque l’incompréhension en Turquie. Et les historiens et les intellectuels qui se sont employés ces dernières années à déverrouiller timidement le tabou historique du génocide de 1915 craignent une poussée de fièvre contre-productive.

Le génocide arménien toujours réfuté par Ankara

24 avril 1915 Des centaines de notables arméniens d’Istanbul sont arrêtés et déportés. Dans les mois qui suivent, entre 1 et 1,5 million d’Arméniens de l’Empire ottoman (soit les deux tiers de la population) sont tués ou expédiés depuis les provinces occidentales et orientales de l’actuelle Turquie vers les déserts de Syrie.

 » Massacres réciproques « 

La Turquie reconnaît des  » massacres réciproques  » ayant fait plusieurs centaines de milliers de victimes turques et arméniennes, mais réfute la qualification de génocide. Une vingtaine de pays, dont la France, et le Parlement européen ont légiféré pour reconnaître le génocide arménien.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :