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Génocide arménien : vive la démagogie ! 22 décembre 2011

Posted by Acturca in France, History / Histoire, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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LePoint.fr (France) 22 décembre 2011

Par Pierre Beylau

Pour complaire à un lobby, les députés n’hésitent pas à prendre le risque de provoquer des dégâts considérables sur le plan diplomatique et économique.

Se brouiller avec la Turquie, voilà une riche idée… La Turquie n’est pas un partenaire facile. Elle est dirigée par un Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui se dit islamiste modéré, mais dont la politique est nimbée d’ambiguïté. Certains le soupçonnent de vouloir subrepticement démanteler l’héritage laïque de Kemal Atatürk et d’encourager l’islamisation de la société et de l’État. Il assène régulièrement de sérieux coups de canif aux libertés publiques, notamment dans le domaine de la presse.

Ankara prétend un jour intégrer l’Union européenne, mais ne bouge pas d’un iota à propos de Chypre. Sur le génocide arménien de 1915, les Turcs affichent une cécité historique compulsive et sur-réagissent à la moindre initiative. La Turquie d’aujourd’hui n’est pourtant pas responsable des crimes de l’Empire ottoman. Pas plus que la République française du XXIe siècle ne peut culpabiliser au sujet des colonnes infernales qui ont ravagé la Vendée en 1793.

Mais la Turquie, membre de l’Otan, est aussi un pays-clé à la charnière de l’Europe et du Proche-Orient. Elle va enregistrer une croissance autour de 10 % en 2011. Son marché intérieur (73 millions d’habitants) est considérable. La diplomatie turque joue désormais un rôle crucial dans le monde arabe. Toute solution en Syrie passe inévitablement par Ankara.

Politique politicienne

Était-il véritablement opportun de faire émerger le vieux serpent de mer du génocide de 1915, dont personne de sérieux ne conteste la réalité ? Il s’agit bien évidemment de politique politicienne émanant d’élus où le « vote arménien » est censé être déterminant. Pour complaire à un lobby, on n’hésite pas à prendre le risque de provoquer des dégâts considérables sur le plan diplomatique et économique.

Une fois de plus, les politiques se mêlent de déterminer la vérité historique. Une démarche contestée dans le monde universitaire, mais aussi, Dieu merci, par nombre de responsables politiques, de Bernard Debré à Robert Badinter. En 2005, à l’initiative de René Rémond, un appel (« Liberté pour l’histoire ») réunissait un millier de signatures d’historiens pour s’élever contre la multiplication des lois mémorielles. En 2008, Pierre Nora et Françoise Chandernagor reprenaient le flambeau. Avec pour thème : ce n’est pas aux politiques de dire la vérité historique et, plus grave, d’instaurer une police de la pensée.

Cette affaire ouvre de surcroît une véritable boîte de Pandore. Les crimes de l’histoire ont été innombrables : l’Holocauste nazi, les Khmers rouges, le stalinisme, les grands massacres de la Chine rouge. Et si l’on remonte dans le temps, quid de l’ethnocide commis par les Espagnols contre les populations autochtones d’Amérique latine ? Va-t-on faire entrer dans une loi mémorielle le saccage du Palatinat par les armées de Louis XIV en 1689 ? Et à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en juillet 1962, il y a fort à parier que des voix s’élèveront du côté d’Alger pour mettre la France au banc des accusés. Belle opération !

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