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L’Union européenne manifeste un regain d’intérêt pour la Turquie 20 janvier 2012

Posted by Acturca in EU / UE, France, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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La Croix (France) no. 39180, vendredi 20 janvier 2012, p. 3
Vu de Bruxelles

Sébastien Maillard

Ouvertes en 2005, les négociations pour l’adhésion turque restent dans une impasse. Ankara n’hésite plus à regarder ailleurs.

L’entrée de la Turquie dans l’Union européenne est un vieux projet : l’accord d’association remonte à 1963. Ouvertes depuis 2005, les négociations d’adhésion s’enlisent. Sur les 35 chapitres techniques à traiter (commerce, justice, agriculture,..), seul celui sur la recherche est clos. Depuis 2006, les Européens en gèlent huit devant le refus turc d’étendre à la partie chypriote grecque son union douanière avec le marché européen. De plus, la France a mis son veto à l’ouverture de cinq autres, ceux qui impliquent directement l’adhésion, issue que refuse Nicolas Sarkozy. Chypre en bloque d’autres.

Résultat, à ce stade, 13 chapitres sont discutés et trois autres (concurrence, marchés publics, emploi) pourraient l’être. Le directeur général à l’élargissement de la Commission européenne, Stefano Sannino, qui mène en pratique la négociation, est à ce titre en Turquie ces jours-ci. Mais, comme on le reconnaît à Bruxelles, rien n’avance : « Les Turcs ne font plus d’efforts de réforme. Ils pensent que leur importance suffit à tout mériter, sans adapter leur législation. »

Une impression d’impasse partagée au Quai d’Orsay, où l’on constate qu’aujourd’hui « la Turquie regarde ailleurs » : vers l’Asie centrale et les grands pays émergents, où la porte son dynamisme économique. « Les veto français et chypriote, s’ajoutant aux sanctions européennes, ont été contre-productifs. Ils ont cassé la capacité de l’Europe à influencer la démocratisation de la Turquie », déplore la députée européenne Hélène Flautre (Verts), qui observe en même temps un « nouvel intérêt de l’Union pour la Turquie ». Pour la vigueur de sa croissance, pour sa situation géostratégique incontournable, qu’il s’agisse d’énergie ou de migrations, et pour son poids diplomatique régional précieux à l’heure des révoltes arabes.

« Les veto français et chypriote ont cassé la capacité de l’Europe à influencer la démocratisation de la Turquie. »

Autant de raisons qui incitent les Européens à ne pas en rester à l’impasse actuelle des négociations d’adhésion. C’est le but du nouvel « agenda positif » que le commissaire européen à l’élargissement, Stefan Füle, avance pour que progresse en particulier la réforme de la justice turque. Le Quai d’Orsay y souscrit, en attendant que passe la crise bilatérale sur la loi pénalisant la négation du génocide arménien, soumise lundi aux sénateurs. Pour Paris, la priorité est à un accord européen donnant-donnant : faciliter l’obtention de visas pour les Turcs contre la réadmission par Ankara des migrants clandestins venus de Turquie.

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