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Doux comme un Turc 3 février 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) no. 21116, vendredi 3 février 2012, p. 12

Jean-Francis Pécresse

On se fait des idées sur les Turcs en général, donc sur les vins turcs en particulier. Il en va ainsi dans notre pays confit da sa gloire passée, à présent donneur de leçons en tout genre -d’histoire, de morale, de bon goût, d’intelligence… : l’ignorance y est mère de tous les anathèmes.

Pour comble de malchance, les Français ignorent à peu près tout de la nature et de la culture turques. Une fois encore, il faut donc convoquer ce messager universel d’amitié qu’est le vin pour tirer un trait d’union entre deux continents plus proches qu’on ne le croit. Etat laïc grand producteur de raisins secs, mais aussi pays musulman, la Turquie s’honore à faire revivre une antique tradition vinicole. Faut-il le rappeler, les hommes cultivaient déjà la vigne voici trois mille ans en Anatolie, contrée de cet Orient méditerranéen où naquit la civilisation du vin !

Difficile à dompter

C’est là, en droite ligne à l’est d’Izmir, port de la mer Egée, sur 200 hectares de coteaux indolents entourant Kemaliye, cité de l’ancienne province grecque de Pendore, qu’Ali Basman, patron du premier groupe viticole national, Kavaklidere, a créé le laboratoire des grands vins de Turquie. Sur ces terroirs argilo-calcaires, élevés 200 à 400 mètres au-dessus de l’Egée, tournés vers l’écrasant soleil du Sud, arrosés de moins de 250 millimètres d’eau par an, Ali Basman marie harmonieusement deux cultures, cultivant à la française (palissage, vendanges vertes, petits rendements…) des cépages autochtones tels que l’öküz gözü et le bogaz kere. Ce dernier est à la fois le plus typique et le plus difficile à dompter, en raison de son impressionnant potentiel tannique. C’est si vrai que les Turcs ont coutume de désigner littéralement les vins de Bogaz Kere comme ceux « qui grattent la gorge ».

Il fallait bien le savoir-faire du vigneron-consultant français Stéphane Derenoncourt pour amadouer cette bête de Turc. Pour en faire, comme de ce 2008, un vin si rayonnant de fraîcheur et de douceur qu’il en fait oublier un titre alcoolique pourtant conséquent. Protection des baies à la vigne, cuvaisons courtes, voilà quelques secrets de cette « french touch ». Dans leur jeune art viticole, « les Turcs sont entièrement tournés vers la France », souligne Frédéric Massie, collaborateur de Derenoncourt. Voilà un domaine, au moins, où nous pouvons encore ne pas les décevoir.

BOGAZ KERE 2008, Pendore, Turquie
d’Ali Basman et Stéphane Derenoncourt

18 euros la bouteille,

Terres millésimées,
33330 Saint-Emilion,
0.556.749.827,
contact@terresmillesimees.com

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