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La Turquie réclame ses oeuvres d’art 9 avril 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Figaro (France) no. 21053, lundi 9 avril 2012, p. 23

Maurin Picard

Après l’Italie et la Grèce, Ankara revendique des milliers d’antiquités détenues par des musées occidentaux.

Le ton se durcit entre la Turquie et les grands musées américains, accusés d’abriter des centaines d’oeuvres d’art résultant du pillage de sites archéologiques turcs. De nombreux établissements célèbres – le J. Paul Getty et le Metropolitan Museum à New York, le Museum of Art de Cleveland, la Research Library and Collection de Harvard à Boston – ont été contactés récemment par le gouvernement turc et sommés de restituer des listes impressionnantes d’artefacts acquis parfois depuis plusieurs décennies. Il y a des pièces du « trésor de Sion », découvert dans les tombes de Kumluca en 1963, activement recherchées depuis 1968 et pourtant conservées à Dumbarton Oaks (Washington DC), ou encore des quatre muses en marbre hébergées dans la galerie de la basilique de la Villa Getty (Los Angeles).

« La Turquie ne cherche pas à déclencher une bagarre, explique Murat Sulsu, le directeur général de l’Héritage culturel et des musées turcs. Nous essayons de développer une forme de coopération et nous espérons que ces musées comprendront notre point de vue. »

Pas d’accord de prêt depuis 2010

Les autorités turques, enhardies par les résultats de leurs homologues grecs et italiens dans le cadre de démarches similaires, estiment que ces antiquités ont été illégalement exhumées et exfiltrées du pays après la loi de 1906 établissant la souveraineté de l’État sur tout objet découvert lors de fouilles archéologiques sur le sol turc. À ce titre, les grands musées d’outre-Atlantique se trouvent depuis plus d’une décennie dans le collimateur des enquêteurs : le Getty, le Metropolitan, le Cleveland, le Musée des beaux-arts de Boston et celui de l’université de Princeton ont été forcés de restituer récemment plus de cent antiquités à la Grèce et l’Italie.

Dans le cas de la Turquie, cependant, tous ces musées n’ont pas daigné répondre à la requête qui leur a été adressée. En représailles, Ankara a décidé depuis 2010 d’interdire tout accord de prêt jusqu’à nouvel ordre avec certains d’entre eux, à commencer par le Metropolitan de New York, contrarié dans l’organisation de l’exposition intitulée « Byzance et Islam. Âge de transition » (jusqu’au 8 juillet)*.

« Vous avez en votre possession des pièces qui ont été volées à la Turquie. Nous coopérerons quand vous nous les aurez rendues », s’est justifié le ministre turc de la Culture et du Tourisme, Ertugrul Günay, le 4 mars. Le Metropolitan s’était jusqu’ici contenté d’adresser un courrier officiel au premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, affirmant que « des vérifications étaient en cours » et refusant de renvoyer la douzaine d’antiquités qui lui seraient réclamées.

Le British Museum, à Londres, a subi la même déconvenue, à la veille de l’inauguration de l’exposition « Hajj. Voyage au coeur de l’Islam » (jusqu’au 15 avril). La Turquie réclame notamment une stèle vieille de vingt siècles représentant Héraclès, confisquée par des archéologues anglais en Anatolie lors de la Première Guerre mondiale.

* http://metmuseum.org/exhibitions/listings/2012/byzantium-and-islam

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