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La Turquie pourrait en appeler à l’Otan 13 avril 2012

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 21057, vendredi 13 avril 2012, p. 9

Jean-Jacques Mével, correspondant à Bruxelles

La Turquie ne veut pas rester seule face à la poudrière syrienne. Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a indiqué jeudi qu’il pourrait en appeler à l’Otan pour mettre 900 km de frontières communes à l’abri de provocations futures du régime de Damas.

C’est l’article V du traité de l’Alliance atlantique qui est évoqué. Clé de voûte de la sécurité en Europe, il prévoit qu’une attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre l’Alliance tout entière, ce qui autorise le premier ministre à dire que « l’Otan a la responsabilité de protéger les frontières de la Turquie ». La même logique avait prévalu en faveur des États-Unis après les attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Depuis Bruxelles, l’Otan a confirmé qu’elle respectera le principe à la lettre. « Nous prenons notre responsabilité de protéger les alliés de l’Otan très au sérieux, dit la porte-parole Carmen Romero, et nous suivons de près la situation » à la frontière turco-syrienne.

Sur le terrain, de nouveaux tirs d’armes légères ont touché jeudi matin la Turquie depuis le territoire syrien. Ils visaient un groupe d’une quinzaine de Syriens, dont des femmes et enfants, qui franchissaient la frontière à Kilis (sud-est de la Turquie). Des balles ont touché un camp de réfugiés tout proche, selon l’agence turque Anatolie. Deux fonctionnaires turcs ont été blessés au début de la semaine dans un scénario similaire.

Pour limités qu’ils semblent, ces incidents réveillent en Turquie la hantise d’une guerre civile qui déborderait la frontière syrienne. Ankara a déjà dit qu’elle ne resterait pas les bras croisés face à une avalanche de réfugiés ou à des massacres de grande ampleur chez son voisin. Erdogan évoquait récemment la création de « zones tampons » en Syrie même. Mais il hésite à agir seul.

À l’heure où débute un cessez-le-feu des plus instables, Ankara s’inquiète tout autant d’une embellie humanitaire qui se paierait d’un pourrissement politique, le clan el-Assad restant au pouvoir. En invoquant l’Otan, Erdogan pose des jalons pour l’avenir, note un diplomate. Vis-à-vis du régime de Damas, en lui signifiant qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Et vis-à-vis des Occidentaux, pour leur rappeler qu’un cessez-le-feu, même réussi, resterait une demi-mesure.

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