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Fatih Akin : « Je suis quelqu’un qui tient ses promesses » 18 mai 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, France, Turkey / Turquie.
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Metro France, 18 mai 2012

Jérôme Vermelin

Le réalisateur allemand présente « Polluting Paradise », un documentaire sur le village de ses grands-parents turc, dévasté par une décharge à ciel ouvert.
 
Avec « Polluting Paradise », vous revenez au documentaire, sept ans après « Crossing the bridge ». Qu’appréciez-vous dans ce genre cinématographique ?

La liberté ! Sur une fiction, vous devez vous rendre à 6 heures du matin sur le plateau et il y a toujours un problème : un projecteur cassé, un camion dans le champ de la caméra, une actrice mal baisée… Des trucs stupides. En revanche sur un docu, il faut être patient. Car le destin du film n’est pas entre vos mains. Il est dans celles de Dieu !

Lorsque vous avez découvert le projet de décharge à ciel ouvert, dans le village de vos grands-parents, pensiez-vous un instant tourner là-bas pendant plus de cinq ans ?

C’était une partie de poker. Je voulais empêcher le gouvernement de construire cette décharge, alors j’ai annoncé que j’allais faire un film. Une fois que je l’ai dit, la phrase m’a dépassé et ne m’a vite plus appartenu. Je ne pouvais plus revenir en arrière. Des journalistes du monde entier sont venus voir par leur propres yeux et comme je suis quelqu’un qui tient ses promesses, je me devais de continuer à filmer. Surtout j’avais l’instinct que je pourrais faire quelque chose de bien. Même si la structure a beaucoup changé en cours de route.

Avez-vous pensé vous mettre en scène comme Michael Moore ?

Au début, oui. Comme Moore, ou Oliver Stone dans son film sur Fidel Castro. Le problème, c’est que ça détourne l’attention. Je ne suis pas un réalisateur de documentaire expérimenté, mais il me semblait que les habitants du village seraient un meilleur guide pour le spectateur que ma petite personne.

Des habitants qui dès le début, avant même l’arrivée des premiers déchets, soupçonnent que quelque chose de terrible va arriver…

Comme un prophétie, oui. Ils marchaient sur la structure, et ils me disaient : que va-t-il se passer lorsque la pluie va tomber ? Toutes les ordures vont se déverser sur le village !

Les images ont été tournées sur une période de 5 ans. Entre temps vous avez réalisé Soul Kitchen. Comment êtes-vous resté en contact avec le village ?

J’étais régulièrement en contact avec Bünyamin, le photographe du village. Mon chef opérateur français Hervé Dieu lui avait appris les bases de la caméra et il m’envoyait ses rushes. Au téléphone je lui disais « Bünyamin, pas de zoom ! Et ne parle pas pendant que tu filmes ! » (rires). Il s’est amélioré au fur et à mesure et il est devenu tellement bon que 70% des images montées sont les siennes.

Qu’attendez-vous de la sortie du film en salles ?

Qu’il pousse les spectateurs à la réflexion. Je ne me considère pas comme un éducateur. Mais je peux aider les gens à s’informer, à discuter. Et se demander ce qu’ils peuvent faire pour empêcher ce genre de catastrophe. Ce qui se passe dans le film pourrait arriver en France, vous savez. Les habitants Camburnu sont victimes d’une injustice et ils luttent avec leurs propres armes. D’après moi leur combat quotidien est universel.

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