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La Turquie, nouveau rendez-vous diplomatique obligé 2 juin 2012

Posted by Acturca in Istanbul, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Agence France Presse

Samedi 2 juin 2012, Istanbul

Il se passe rarement une semaine sans que la Turquie, et sa plus belle vitrine Istanbul, n’accueillent une grande conférence diplomatique, un agenda chargé qui témoigne de l’impatience des dirigeants turcs de peser sur la scène mondiale, par un rôle de « facilitateur ».

Jeudi et vendredi à Istanbul, la métropole de 15 millions d’habitants posée de part et d’autre du Bosphore, c’est Ban Ki-moon qui est en ville.

Le secrétaire général de l’Onu passe de la Conférence des partenaires de l’Alliance des civilisations, un forum créé par la Turquie et l’Espagne, à la Conférence internationale sur la Somalie.

En avril, l’ancienne Constantinople accueillait deux grands rendez-vous internationaux, la Conférence des « Amis de la Syrie », puis les très délicates négociations sur le programme nucléaire iranien.

La semaine prochaine, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est attendu au Forum économique mondial, dans la même Istanbul qui accueillera les 7 et 8 juin le « Forum global pour la lutte contre le terrorisme », dont la première édition avait eu lieu à New York l’an dernier.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton sera au rendez-vous.

« La Turquie assure, dans un cadre magnifique, un rôle de facilitateur qui est très utile, et le fait est reconnu par tout le monde, » estime l’analyste Marc Pierini, ancien chef de la délégation de l’Union européenne à Ankara.

Les raisons géopolitiques, alliées aux ambitions du régime islamo-conservateur de M. Erdogan, abondent pour expliquer le caractère incontournable de la Turquie et son rôle de « hub » diplomatique.

Comment la Turquie, voisine sur 900 km de la Syrie, se désintéresserait-elle de l’avenir de ce pays, où une guerre civile aurait des répercussions immédiates côté turc, avec notamment une communauté kurde sur les deux territoires ?

Comment négligerait-elle le voisin iranien, où des frappes israéliennes sur les installations nucléaires pourraient provoquer l’exode massif de réfugiés iraniens ?

Ou l’Irak, autre voisin dont le nord abrite la rébellion kurde de Turquie ?

Il y a moins de deux ans, le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu vantait encore les mérites de sa diplomatie du « zéro problème » avec les voisins de la Turquie.

La coopération politique et économique allait bon train avec de nombreux pays arabes, de la Syrie de Bachar al-Assad à la Libye de Mouammar Kadhafi. Cette coopération a cessé brutalement.

« Comme beaucoup, Ankara n’a pas vu venir le Printemps arabe, et les voisins de la Turquie sont devenus chaotiques », explique Marc Pierini.

M. Davutoglu n’en a pas moins poursuivi une « diplomatie du multilatéral », explique l’analyste Sinan Ülgen (Istanbul).

« Il joue sur le fait que la Turquie est à la fois un pays musulman et membre de l’Otan, une plaque tournante avec des frontières en Europe et en Asie, il veut faire de la Turquie un acteur qui pèse lourd », ajoute-t-il.

Jusqu’en Somalie. Ankara a fait de ce pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile l’emblème de sa diplomatie.

M. Erdogan a été un des rares dirigeants à se rendre à Mogadiscio, en août dernier. Une ambassade a été rouverte, et l’aide humanitaire turque a démarré.

« La Turquie fait vraiment la différence, c’est très clair », s’enthousiasmait vendredi le chef d’une délégation européenne à la Conférence sur la Somalie.

Et d’ajouter: « Cette action de terrain que les Turcs ont décidé de mener malgré les risques très forts, pour la population somalienne c’est le bon exemple. (…) Les Turcs ont un impact fort ».

« Notre intention était d’attirer l’attention de l’opinion publique mondiale sur cette tragédie. La Turquie a pris l’initiative d’informer ses partenaires internationaux dans tous les forums possibles sur les besoins de la Somalie et l’urgence de la satisfaire », déclarait le même jour M. Davutoglu dans le journal Hürriyet Daily News, faisant la leçon aux Occidentaux.

Après l’extinction du « zéro problème », « la Turquie a lancé une nouvelle politique: devenir indispensable sur tous les dossiers », commente Bertrand Badie, professeur en relations internationales (Paris).

« C’est le propre des diplomaties émergentes, elles ont un pied dans le sud, un pied au nord. C’est la diplomatie du grand écart, qui donne une forte capacité d’action », ajoute-t-il.

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