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Gulsen Yildirim: « Je dois tout à l’école de la République » 14 juin 2012

Posted by Acturca in France, Immigration, Turkey / Turquie.
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La Montagne (France) jeudi 14 juin 2012, p. Brive-09

Laetitia Soulier

A 40 ans, Gulsen Yildirim, a un parcours exemplaire. Maître de conférence à Limoges, cette fille d’immigré turc a grandi aux Chapélies et a échappé à sa condition par la force de son travail.

Maître de conférence à l’université de droit de Limoges, Gulsen Yildirim a été « sauvée » par l’école de la République. Fille d’un immigré turc arrivé en Corrèze dans les années 1970, elle a grandi aux Chapélies, à Brive. Une cité où elle a vécu « ses plus belles années ».

Dans la barre du 104, au 21 avenue Raoul-Dautry, « c’était calme. On était dehors. Il y avait encore une mixité sociale ». A l’école primaire, ce n’était pas la même chanson. Il y avait peu d’étrangers et Gulsen a vécu avec un sentiment de rejet, regardée autrement. Sans compter qu’à la maison, les filles n’étaient pas censées faire des études.

De ces « autres » qui ne jouaient pas avec elle, de cette souffrance, la petite Gulsen a tiré une vraie « hargne ». Une de ces rébellions qui font avancer jusqu’à décrocher le bac B avec mention; comme ses années de droit, dont les deux premières passées à l’antenne de Brive. « Je suis un pur produit de l’école républicaine, insiste la jeune femme. Je dois tout à cette école et aux enseignants qui ont cru en moi. J’adorais l’école et j’ai beaucoup travaillé pour réussir ». Être une bonne élève pour échapper à sa condition de fille d’immigré censée se marier jeune.

Mandats

2000-2008 Vice-présidente de l’Arches (ex Union culturelle franco-turque en Limousin, Ucufratel).

2008 Conseillère municipale à la ville de Limoges en charge du mobilier urbain, et depuis 2012 des bibliothèques et des francophonies. Elle est conseillère communautaire à Limoges Métropole.

Mars 2011 Conseillère générale du canton de Limoges-Puy-Las-Rodas.

 

Aujourd’hui, Gulsen ne juge pas cette tradition familiale turque. « C’était pour protéger les filles. C’était la façon de voir de mon père ». Mais Gulsen Yildirim a opté pour un autre chemin, croisant sur sa route de précieux soutiens. « Un parcours, ce sont des mains tendues, je ne les oublie pas ».

Elle franchit les étapes, soutenant sa thèse en 2000 et intégrant la fac dans la foulée. Avec le droit, la Briviste a trouvé sa voie. L’argent et les sentiments font-ils bon ménage ? « Non, répond sans hésiter la patrimonialiste et c’est pour cela que le droit intervient ».

Parallèlement à sa carrière de chercheuse, Gulsen a choisi la voie de l’engagement. Comme une évidence.

Associatif d’abord, avec huit ans passés sur le terrain à l’Ucufratel (rapprochement franco-turque). Une période passionnante où elle a appris les rouages institutionnels, où elle a oeuvré en matière de scolarité, auprès des femmes, et « pas seulement dans une démarche communautaire, mais citoyenne aussi. Connaître l’autre, c’est savoir d’où il vient », assure Gulsen. De l’associatif à la politique, il n’y a qu’un pas. La juriste le franchit en 2004. Elle s’encarte au PS quelques jours après un meeting de François Hollande, à Limoges, avec Robert Hue. « J’ai été emballée », se souvient-elle émue. Puis elle prend des responsabilités au sein de la Fédé. Elle est même appelée par Alain Rodet, le député maire de Limoges, de qui elle a beaucoup appris. « Je ne voulais pas être l’élue de la diversité ». Elle ne l’a jamais été. Conseillère municipale, elle est aussi conseillère générale à Limoges. De quoi lui rappeler que cela fait bien longtemps qu’elle s’intéresse à la politique. « Depuis gamine, du temps où mon père me demandait de lui traduire les discours de François Mitterrand ». Un père fier de sa fille qui, au-delà des conflits culturels, aura jalonné son parcours par deux valeurs essentielles. « Le respect d’autrui et le travail. Il ne faut jamais prendre ce que vous ne méritez pas ». Et du mérite, Gulsen Yildirim n’en manque pas.

 

Bio Express

1972
Naissance le 30 octobre 1972, à Konya, en Turquie.

Situation familiale
Mère de deux enfants de 7 et 3 ans.

Profession
Maître de conférence depuis 2000, à la fac de Limoges. Depuis novembre 2011, habilitée à diriger les recherches (HDR) en droit privé et sciences criminelles. Elle est responsable de la licence professionnelle comptable-taxateur d’études notariales au centre juridique de Brive depuis 2005.

Formation
1990 : bac B au lycée d’Arsonval, mention bien.
1992 : deug de droit à Brive, mention AB.
1994 : Maîtrise de droit privé à Limoges.
1995 : DEA droit privé mention bien.
2000 : doctorat droit nouveau régime.

Publications
Elle a écrit trois ouvrages de droit : L’autonomie financière dans la communauté de vie (PULIM), Le droit des obligations (Lexifac) et Régimes matrimoniaux et pacs (Lexifac). Elle a aussi co-écrit des publications et commenté de nombreuses décisions de justice.

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