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La Turquie face à la Syrie 28 juin 2012

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Valeurs Actuelles (France) no. 3944, jeudi 28 juin 2012, p. 49

Pons Frédéric

C’était il y a quinze jours, à l’École militaire (Paris). Un officier familier du Proche-Orient me confiait que la solution de la crise syrienne pourrait reposer sur la Turquie, membre de l’Alliance atlantique : « Les Turcs pourraient très bien faire le travail à notre place, en avant-garde de l’Otan et de l’Onu, avec l’argent du Golfe… » L’engagement de l’armée turque, avec l’appui de l’Otan et l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite, devait permettre d’en finir avec le régime Assad et les violences, sans préjuger toutefois des conséquences imprévisibles pour la Syrie et la région…

Il fallait un prétexte pour obtenir cet engagement. Le F4 turc abattu le 22 juin par la défense syrienne en est peut-être l’amorce. La tension est montée d’un ou deux crans. La Syrie cherche à minimiser l’affaire. Elle parle d’« un incident et non d’une agression… à l’intérieur de l’espace aérien syrien ». La Turquie joue l’apaisement, mais le pays a perdu la face, avec deux de ses pilotes disparus en mer, au large de la Syrie. Le gouvernement turc doit aussi tenir compte d’une opinion publique chauffée à blanc et de la colère de son état-major. « Personne ne peut s’aviser de mettre à l’épreuve les capacités de la Turquie », a prévenu Ahmet Davutoglu, le ministre turc des Affaires étrangères. La Turquie pourrait maintenant franchir un nouveau palier dans son engagement antisyrien. Elle a déjà demandé le départ d’Assad et soutient activement l’opposition syrienne, facilitant la logistique de ses combattants sur son territoire. Elle renseigne aussi l’Otan sur les activités de l’armée syrienne. C’était sans doute la mission du F4 de reconnaissance abattu la semaine dernière.

Cet incident a déclenché un processus diplomatique et militaire qui met face à face l’Otan, qui est liée par son devoir de solidarité à l’égard d’un de ses membres menacé, et la Russie, principal allié militaire et politique de la Syrie. La réunion de l’Otan de ce mardi 26 juin à Bruxelles devait passer en revue toutes les options. La création d’un corridor humanitaire par l’armée turque, à l’intérieur du territoire syrien, pouvait être évoquée. L’opération était risquée mais beaucoup d’observateurs misaient sur un résultat rapide. Même limité, le coup de boutoir turc pourrait être fatal à un régime affaibli par une année de crise. Sans doute conseillé par Moscou, Assad vient d’annoncer la formation d’un nouveau gouvernement. Sa principale innovation est la création d’un nouveau « ministère de la Réconciliation nationale ». Sympathique mais sans doute un peu tardif.

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