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Thales assure avoir tiré les leçons de ses grands contrats à perte 19 juillet 2012

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) no. 21230, jeudi 19 juillet 2012, p. 15

Alain Ruell

Avec deux années de retard et au prix d’importantes provisions, Thales a fini par livrer à la Turquie les quatre premiers avions patrouilleurs du contrat Meltem. Le groupe assure avoir beaucoup appris en ingénierie des grands systèmes électroniques.

Ankara a officialisé hier la mise en service de sa nouvelle flotte d’avions de patrouille maritime à la faveur de la réception du 4e Casa CN-235 équipé par Thales dans le cadre du contrat Meltem II. Une cérémonie a eu lieu pour l’occasion sur le site de TAI, un industriel local partenaire du groupe français de défense. Rien d’extraordinaire a priori. Sauf que, effluves méditerranéennes mises à part, pour Thales, cette cérémonie avait une saveur particulière.

Il y a un an et demi, Meltem faisait partie, aux côtés de l’A400M, de la poignée de contrats à (gros) problème de Thales qui ont obligé le groupe à passer 700 millions d’euros de provisions sur les comptes de 2010, après les 500 millions déjà passés au titre de l’exercice précédent. Quitte à mettre le groupe dans le rouge deux années de suite.

PDG depuis moins de deux ans, Luc Vigneron, avait alors renvoyé la responsabilité de ces pertes sur la Direction précédente, accusée d’avoir complètement sous-estimée les risques techniques et financiers de ces contrats en les signant. Charles Edelstenne, le bouillant patron de Dassault, l’actionnaire industriel de référence de Thales, s’était joint aux critiques en stigmatisant ceux qui pensaient que l’électronicien pouvait fabriquer des avions…

Contrats renégociés

Fabriquer des avions peut-être pas, les modifier pour en faire des appareils de surveillance maritime, oui, quitte à y laisser une partie de sa chemise. Au prix d’une très grosse mobilisation interne et d’une renégociation avec les Turcs, Thales est parvenu à sortir Meltem du hangar. Les livraisons ont pris deux ans de retard, et tout n’est pas encore terminé. Les 9 patrouilleurs commandés, six pour la Marine, et trois pour les gardes côtes, ne disposeront de leurs équipements définitifs que l’année prochaine (Thales livre aussi l’électronique pour 10 ATR vendus par Alenia, dont 7 ont déjà été livrés).

Pour quel niveau de pertes in fine sur Meltem ? Pierre-Eric Pommellet, le président de la division systèmes de missions de défense, préfère botter en touche. Il se contente d’affirmer que tous les jalons ont été respectés depuis que le contrat a été renégocié. Et que toutes les leçons ont été tirées pour éviter pareil dérapage à l’avenir. « Nous n’avions pas vu la complexité technique du programme, ni celle de son organisation. Mais depuis, nous avons beaucoup travaillé en ingénierie des grands systèmes », assure-t-il en évoquant une organisation et des méthodes revues en interne.

Pour se refaire, Thales espère pouvoir « revendre » la technologie Meltem à l’export, car la surveillance maritime constitue un marché en forte expansion. L’Indonésie, la Malaisie, Singapour ou encore le Brésil sont sur la liste des prospects.

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