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Lourdes condamnations contre des militaires turcs 24 septembre 2012

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Le Monde (France) lundi 24 septembre 2012, p. 5

Guillaume Perrier, Istanbul Correspondance

Le procès du « Balyoz » témoigne des tensions entre l’armée et le pouvoir islamo-conservateur.

Des jets de bouteilles d’eau, des crises de nerfs et des évanouissements ont ponctué la lecture d’un verdict fleuve au tribunal spécial de Silivri, à 50 km d’Istanbul. Le procès de dizaines de militaires accusés de tentative de coup d’Etat contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, un complot baptisé « Balyoz » (masse de forgeron), s’est achevé vendredi soir par la condamnation de 326 d’entre eux à de lourdes peines de prison.

Trois généraux – Cetin Dogan, ancien commandant de la première armée, Özden Örnek et Ibrahim Firtina, les chefs de la marine et de l’armée de l’air, considérés comme les principaux cerveaux du complot – ont chacun été condamnés à 20 ans d’emprisonnement pour « tentative d’entraver par la force l’action du gouvernement de la République » et sont repartis vers le centre de détention.

Les autres officiers écopent de peines allant de 12 à 18 ans de réclusion. C’est notamment le cas de Sükrü Sariisik, ancien secrétaire général du Conseil national de sécurité (MGK), la plus haute institution turque, ou encore du général à la retraite Engin Alan, élu député du parti ultranationaliste (MHP) et qui n’a jamais pu siéger à l’Assemblée nationale.

L’épilogue de l’affaire Balyoz, du nom du plan de déstabilisation qui aurait été fomenté dans les rangs de l’armée en 2003 pour renverser le pouvoir islamo-conservateur, a été accueilli avec stupeur dans les milieux kémalistes et pro militaires. Kemal Kiliçdaroglu, le chef du principal parti d’opposition, (CHP, kémaliste), a dénoncé « un procès politique ».

Les soutiens du gouvernement y ont vu au contraire une avancée de la démocratie et la fin de l’impunité des généraux, auteurs de quatre coups d’Etat dans les cinquante dernières années et acteurs omniprésents de la vie politique. « Le point final n’a pas encore été placé, le processus continue », a déclaré vendredi soir M. Erdogan. Les accusés, tous des adversaires du parti au pouvoir, avaient imaginé un plan de déstabilisation du pays articulé autour d’un incident aérien provoqué avec la Grèce et de faux attentats contre des mosquées, dans le but de faire intervenir l’armée. Des documents étaient parvenus au siège du journal Taraf attestant de ce complot. Les accusés ont tous démenti, certifiant qu’il ne s’agissait que d’un exercice théorique.

Comme le souligne Dani Rodrik, économiste à l’université de Harvard et gendre de Cetin Dogan, les preuves sur lesquelles se fondent ces jugements semblent extrêmement minces. Principale incohérence, le fichier informatique contenant le plan de coup d’Etat, censé avoir été rédigé en 2003, aurait utilisé un logiciel qui n’existait pas encore.

Pour nombre d’observateurs, l’affaire Balyoz est le signe d’un vaste règlement de compte au sommet du pouvoir. Depuis 2007, près de 400 personnes, dont des militaires, sont jugées dans une autre affaire de coup d’Etat présumé, le procès du réseau Ergenekon.

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