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Nouvelles diplomaties orientales 8 octobre 2012

Posted by Acturca in Books / Livres, Caucasus / Caucase, Central Asia / Asie Centrale, History / Histoire, Middle East / Moyen Orient, Russia / Russie, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Monde (France) lundi 8 octobre 2012, p. 18
Décryptages Analyses – Le livre du jour

Gaïdz Minassian

En apparence, les relations entre la Russie, la Turquie et l’Iran relèvent du « bon voisinage ». Mais, en coulisse, l’observateur peut perdre la tête dans les labyrinthes des trois systèmes politiques. Entre connivence et compétition, cette ambivalence se trouve au coeur des récents ouvrages de Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner d’un côté et de Clément Therme de l’autre.

Ces deux démonstrations permettent de naviguer dans les relations troubles de ces trois puissances émergentes, ou plutôt ré-émergentes. Mais ce regain d’autorité, s’opère sur fond de paradoxe stratégique.

Russes, Turcs et Iraniens, descendants de trois civilisations anciennes, partagent la vision d’un monde multipolaire où le système post-guerre froide ne dépendrait pas de Washington, mais de plusieurs pôles. D’après les auteurs, il est impossible de saisir la complexité de ce trilatéralisme sans tenir compte du rapport à l’Amérique, Et parce qu’ils perçoivent la présence américaine comme une intrusion menaçante dans leur pré carré eurasien, Moscou, Ankara et Téhéran préconisent la stabilité régionale et le statu quo dans les conflits locaux comme fondement de leur diplomatie et un règlement politique de la question du nucléaire iranien.

Mais ces convergences politiques propres aux puissances émergentes traduisent trois types de diplomatie : Ankara et sa volonté d’être de plus en plus autonome à l’égard des Etats-Unis; Téhéran et sa diplomatie contestataire de l’ordre international; Moscou et son nationalisme traditionnel.

Russes, Turcs et Iraniens, héritiers de trois mémoires conflictuelles, réfléchissent dès lors selon un canevas stratégique pétri de rivalités mutuelles. Soucieuses de leur souveraineté, ces trois puissances postimpériales pensent encore en termes de zone d’influence avec d’intenses parties d’échecs sur trois théâtres d’opération : Proche-Orient, Caucase, Asie centrale.

La question syrienne oppose la Russie et l’Iran, soutiens du régime de Bachar Al-Assad, à la Turquie, proche des rebelles. Dans le Caucase, Russes et Iraniens se méfient du panturquisme comme socle de l’axe turco-azerbaïdjanais et s’interrogent sur l’ancrage pro-occidental de la Géorgie. En Asie centrale, les Russes s’inquiètent d’une poussée islamiste sur leur flanc sud. Aussi, les trois pays prônent la coopération économique comme stratégie et le pragmatisme comme méthode. Dans ce monde ouvert où les trois Etats s’appuient sur des économies plus complémentaires que rivales, Moscou, Ankara et Téhéran sont donc condamnés à s’entendre et à maintenir le cap du réalisme.

L’Iran et la Turquie face au « printemps arabe », Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner
éd. du GRIP, 116 p., 11,90 €

Les Relations entre Téhéran et Moscou depuis 1979, Clément Therme
PUF et Iuhei, 300 p., 18 €

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