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La Turquie à la lettre 8 novembre 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
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Le Jeudi (Luxembourg) 8 novembre 2012, p. 23

La Culture

4e édition des mises en voix de textes dramatiques contemporains, du 17 novembre au 1er décembre.

La mise en voix, ce n’est pas du théâtre. Et «Textes sans frontière», c’est un projet transfrontalier dont l’édition 2012, très féminine, se penche sur une certaine littérature turque.

Si la mise en voix n’est pas du théâtre, qu’est-ce? C’est «une façon de revenir à l’essence du texte» et à son écoute, laquelle, à défaut d’effet scénique, dépend d’une qualité particulière de la lecture à voix haute.

La mise en voix vaut donc pour sa qualité humaine (dont la proximité des publics). Pour sa qualité artistique aussi, bien sûr, puisque les textes sont attribués à différents metteurs en scène qui, en résidence, en compagnie de comédiens qu’ils ne connaissent initialement pas, usent d’astuces valorisant cet exercice faussement banal qu’est la lecture, royale courroie de transmission de la moelle textuelle.

Les comédiens, français et luxembourgeois, ont été choisis par quatre metteurs en scène (français et luxembourgeois) eux-mêmes choisis par quatre lieux partenaires de la Grande Région: deux théâtres (le Centaure de Luxembourg, le Saulcy à Metz) et deux institutions autres (l’Université du Luxembourg – campus de Walferdange – et la MJC de Villerupt, Espace Guy Môquet). Le point et la ligne ont donc un poids fédérateur dans l’espace grand-régional.

En fait, initiée il y a huit ans par la Kulturfabrik et le Théâtre du Centaure, la formule brassait large, elle exportait ses lectures une année durant de Bruxelles à Nilvange, de Lille à Esch-sur-Alzette; elle s’est ensuite axée sur la dramaturgie spécifique d’un pays ou d’une région (le Portugal, la Flandre) pour, aujourd’hui, privilégier la profondeur sur l’amplitude.

Désormais, opérant grosso modo un marathon de quinze jours*, scellant et intensifiant les échanges entre Lorraine et Luxembourg (exit la belge région de Wallonie), la formule opte pour l’appellation «Textes sans frontière», qui sous-tend au moins deux choses. Qu’en cette période de crise civilisationnelle l’acte créatif reste une lumière à hauteur d’homme. Et que, en ces temps de repli identitaire, la libre circulation des interrogations et des désirs se faisant impérieuse, le texte a valeur d’ambassadeur.

Reconnaître l’autre

«Textes sans frontière» se veut donc «une antidouane, sans passeport, un comptoir sans colonie, un passeur»… qui passe, pour cette édition 2012, sur les rives d’auteurs contemporains turcs (auteurs francophones ou publiés en français).

La Turquie à l’honneur, voilà qui titille l’actualité (eu égard aux aspirations turques d’intégrer l’UE) et l’exotisme. Sauf que «Textes sans frontière» n’est pas un tour-opérateur ni une ONG. Donc, pas question de polémiquer. Mais pas question non plus de prêcher la naïveté béate… sachant que les nombreux théâtres modernes de Turquie souffrent de deux maux: l’invasion de textes anglophones et la censure (sous prétexte d’atteinte portée à l’islam).

Bref, ce que vise «Textes sans frontière», «c’est peut-être bien à reconnaître dans l’autre et dans ses problèmes tous les miroirs de nous-mêmes».

Quatre auteurs au total, jeunes (sauf Adalet Agaoglu, née en 1929), choisis globalement par l’ambassade de Turquie au Luxembourg… mais «pas de textes bien-pensants et que des textes de femmes» – sauf Özen Yula, né en 1965 – mis, qui plus est, en voix par… des femmes, exception faite de Jean Boillot, le directeur du Nest de Thionville, qui s’attaque aux Histoires syncopées d’Istanbul de Yesim Özsoy Gülan, laquelle, née en 1972, travaille sur la mémoire et introduit la tradition ottomane de la narration dans son écriture théâtrale (avec Joël Delsaut, Cecilia Guichart, Renelde Pierlot, Rita Reis, Serge Wolf et Jean-François Wolff).

Adalet Agaoglu, qui a le verbe haut – « toujours un peu critique » – multiplie «les monologues intérieurs, les paroles rapportées, parfois déformées»: son Loto – mis en voix par Sophie Langevin – s’arrime à la vieillesse «avec émotion et humour fin» (avec Sylvie Pellegrini et Daniel Proia).

Sedef Ecer, romancière, dramaturge et scénariste née à Istanbul mais installée en France depuis plus de vingt ans, passeuse aussi subtile que primée, propose A la périphérie, une pièce (racontant quartier menacé et usine toxique, espoirs et rêves de jeunes gens, entre dénonciation engagée et conte oriental) mise en espace par Sandrine Gironde (avec Anne Brionne et Mélyssa Michel).

Quant à Özen Yula, dramaturge capital, traduit en six langues, il lègue A louer – dans les codes violents d’un milieu à la dérive où tout est «à louer», un amour va naître –, une pièce donnée en lecture à Berlin, au Festival d’Avignon, à Paris et aujourd’hui revisitée par Estelle Charles (avec Fränz Hausemer, Denis Jousselin, Fabrizio Leva, Nilton Martins, Elsa Rauchs et Pitt Simon).

Au Théâtre du Centaure les 17 et 18/ 11 de 15.00h à 23.00h (intégrale des quatre textes à chaque fois); à l’Université de Luxembourg: deux textes le 20/11 (à 10.00 et 11.30h) et deux textes le 21/11 (à 09.00 et 10.30h); à Metz, l’Espace Bernard-Marie Koltès et le Théâtre du Saulcy se partagent les quatre textes sur deux jours, les 28 et 29/11, à 19.00 et 21.00h; à Villerupt, à l’Espace Guy Môquet, les 30/11 et 1er/12, à 20.30h.

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