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Iran-Turquie: Deux voisins, deux réalités 15 novembre 2012

Posted by Acturca in Economy / Economie, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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La Presse (Canada) jeudi 15 novembre 2012, p. 7
Portfolio ~ Pays Émergents – Série de 6 – No. 6

Stéphane Champagne, collaboration spéciale

Les «onze prochains», appelés Next Eleven ou N-11 en anglais, sont un ensemble de pays qui devraient compter parmi les plus importantes économies de la planète au cours du présent siècle. Cette semaine : l’Iran et la Turquie.

Ils ont une frontière commune, mais ne vivent pas du tout la même réalité économique ces temps-ci. Pendant que l’Iran subit les affres des sanctions économiques onusiennes et occidentales, la Turquie continue à tirer son épingle du jeu malgré les crises qui secouent ses deux principaux clients: la zone euro et le Moyen-Orient. Nous en avons discuté avec Sami Aoun, professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et directeur de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la chaire RaoulDandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM.

Quelle est la situation économique de l’Iran et de la Turquie?

L’Iran souffre beaucoup des sanctions économiques dont il fait l’objet. Le rial, sa monnaie, a presque perdu 80% de sa valeur. Le pétrole, frappé par un embargo occidental, compte pour 40% de son PIB. Malgré tout, le pays a une économie relativement diversifiée, notamment une agriculture forte, ce qui lui permet de s’en sortir. La croissance de 6% d’il y a quelques années n’est plus que de 0,9%. L’inflation y atteint 50%, surtout sur les prix de la nourriture. Les ménages iraniens consacrent donc de 45 à 55% de leur revenu pour s’alimenter. Ils importent de moins en moins et connaissent des pénuries. Ce repli sur soi pourrait toutefois être profitable, car l’Iran pourrait avoir le réflexe de miser sur son industrialisation et produire ce qui lui manque. Pour sa part, la Turquie est parmi les 15 plus grandes économies mondiales. Son industrialisation est très forte. Sa dette publique a baissé et ne représenterait plus que 40% de son PIB. L’inflation ne dépasse pas les 7%. Sa banque centrale est très rigoureuse. Jusqu’à tout récemment, la croissance y atteignait de 7 à 8%. Mais depuis quelques mois, il y a un rétrécissement de l’économie, d’une part, à cause de la crise dans la zone euro, d’autre part, à cause de la crise en Syrie qui bloque en quelque sorte l’accès au marché du Moyen-Orient. Toutefois, même si la laïcité et l’islamisme font bon ménage, il y a une crise identitaire qui influence l’économie. On craint une islamisation de la Turquie. Les problèmes avec la Syrie et les Kurdes viennent également déranger le tourisme et le commerce.

Ces deux pays offrent-ils des perspectives intéressantes pour les entreprises canadiennes?

Pas l’Iran, à cause de la sévère rupture diplomatique entre ce pays et le Canada. Rappelez-vous que le corps diplomatique iranien a été expulsé du Canada, car on soupçonne le pays d’appuyer des mouvements terroristes. Ce n’est pas vraiment le moment d’y investir. Ceux qui le font, que ce soit par Dubaï ou le Liban, savent que c’est risqué. À une époque, l’Iran était le principal partenaire commercial du Canada au Moyen-Orient. La Turquie, en contrepartie, offre beaucoup plus de possibilités aux investisseurs ou aux entrepreneurs canadiens. C’est une économie capitaliste, membre de l’OTAN. C’est un lieu beaucoup plus attrayant que l’Iran. Il n’y a pas, dans ce pays, d’animosité culturelle ou idéologique envers l’Occident.

 

 

Contacts et opportunisme en Turquie

Des contacts et un brin d’opportunisme. Voilà ce qui a permis à Erik de Franciosi de vendre des haricots secs en Turquie. Il en est ainsi pour plusieurs entreprises agroalimentaires qui désirent brasser des affaires à l’étranger, soutient le vice-président d’Agro-Haribec, une PME de la Montérégie qui exporte 100% de ses produits.

«J’ai fait mes devoirs en me rendant sur place [en Turquie] à quelques reprises et en me renseignant auprès d’amis là-bas qui connaissent bien le secteur et, surtout, les distributeurs que j’avais dans ma ligne de mire. » — Erik de Franciosi, vice-président

«Je suis toujours à la recherche de marchés plus risqués, car les marges bénéficiaires y sont toujours plus intéressantes. On peut faire un grand coup dans un pays et ne pas y recevoir de commandes pendant quelques années. Il faut constamment rester à l’affût », dit-il.

La Turquie n’a pas fait exception dans cette façon de faire, chère à M. de Franciosi. Or, les choses se sont déroulées un peu différemment. L’entreprise de 12 employés a toujours eu des contacts avec ce pays, considéré par d’aucuns comme une puissance agroalimentaire.

«J’ai rencontré beaucoup de gens au Salon international de l’alimentation de Paris, dont des Turcs qui souhaitaient distribuer nos produits depuis longtemps. J’ai donc fait mes devoirs en me rendant sur place à quelques reprises et en me renseignant auprès d’amis là-bas qui connaissent bien le secteur et, surtout, les distributeurs que j’avais dans ma ligne de mire», explique M. de Franciosi.

Bon an, mal an, depuis 2010, AgroHaribec vend entre 5% et 10% de ses haricots blancs au pays du Bosphore. La PME souhaite-t-elle y augmenter sa présence? «Pas nécessairement. Je crois plutôt à la répartition des marchés. Je suis heureux d’être présent dans 20 pays au lieu de 2 ou 3», dit-il.

La PME se spécialise dans la commercialisation de haricots blancs marbrés, aussi appelés «fèves romaines». Près de 80% de sa production vient du Québec. Les 20% restants poussent à l’étranger et ne transigent pas par le Canada avant d’être expédiés chez les clients outre-mer d’Agro-Haribec.

La marque Haribec est reconnue pour sa grande qualité, surtout en Europe et au Japon, deux principaux marchés de l’entreprise dont le siège social et l’usine sont situés à Saint-Aimé, près de Sorel. Les haricots de la PME sont vendus séchés, ce qui est propre aux produits haut de gamme. Les haricots d’entrée de gamme sont vendus en conserve, explique Erik de Franciosi, coactionnaire avec Pierre Brodeur.

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