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La Syrie continue de diviser M. Poutine et M. Erdogan 5 décembre 2012

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Russia / Russie, Turkey / Turquie.
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Le Monde (France) mercredi 5 décembre 2012, p. 6

Guillaume Perrier

Moins de deux mois après l’incident provoqué par l’interception, par la Turquie, d’un avion russe à destination de Damas, la courte visite à Istanbul du président russe, Vladimir Poutine, lundi 3 décembre, n’a pas vraiment permis d’aplanir les différends mais au moins de les exprimer.

Les deux pays s’opposent diamétralement sur la crise syrienne.  » La position de la Russie et celle la Turquie se rejoignent quant au but à atteindre en Syrie, a déclaré M. Poutine au cours d’une conférence de presse avec le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, dans une aile de l’ancien palais ottoman de Dolmabahçe. Mais il n’y a pour le moment aucune approche commune sur les moyens d’y parvenir.  »

Ankara, qui réclame depuis des mois le départ de Bachar Al-Assad et soutient les rebelles de l’Armée syrienne libre, voit dans Moscou  » le dernier appui du régime syrien « , selon un diplomate turc.  » La Russie n’est pas l’avocate de Damas « , a toutefois voulu préciser M. Poutine. En octobre, les chasseurs de l’armée turque avaient forcé un avion de ligne de la compagnie nationale syrienne à atterrir. Celui-ci transportait dans ses soutes des pièces d’un système de radar fourni par la Russie. Cet épisode avait suscité la colère de Moscou. Depuis, le survol du territoire turc a été interdit aux appareils militaires et civils à destination de la Syrie.

La visite de Vladimir Poutine intervient cette fois à la veille d’une réunion de l’OTAN, à Bruxelles, où l’Alliance pourrait donner son aval au déploiement de missiles sol-air Patriot sur le sol turc, pour protéger la frontière turco-syrienne. Deux à quatre batteries ainsi qu’environ 170 hommes pourraient être installés à Diyarbakir, Urfa ou Malatya, dans le sud-est de la Turquie.

Armes chimiques

Les États-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas seraient prêts à contribuer à ces renforts. Ankara a fait cette demande auprès de l’OTAN pour se prémunir d’une attaque de la part de Damas. Le gouvernement de M. Erdogan s’inquiète notamment du stock d’armes chimiques dont dispose son voisin et craint une attaque aveugle, en cas de chute de Bachar Al-Assad.

Lundi, l’armée turque a envoyé ses jets patrouiller le long de la frontière à la suite d’un énième incident. L’aviation du régime baasiste a lourdement bombardé Ras-Al-Aïn, terrain d’affrontements, depuis un mois entre groupes rebelles islamistes et combattants kurdes, à la frontière turque. Au moins douze personnes auraient péri dans ces bombardements. Des obus sont également tombés côté turc, à Ceylanpinar, une ville touchée à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le 3 octobre, cinq civils turcs y avaient été tués. En représailles, la Turquie avait répliqué par des tirs d’artillerie contre les positions syriennes. Mais Moscou a vivement critiqué le déploiement de missiles Patriot.  » Mettre en place des capacités additionnelles sur la frontière ne calmera pas la situation mais au contraire risque de l’exacerber « , a dénoncé, lundi, le président russe.

Pragmatiques, la Turquie et la Russie ont toutefois pris garde à ne pas compromettre des échanges, principalement économiques,  » en progrès significatifs depuis dix ans  » comme l’a souligné le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, en marge du Conseil de coopération Turquie Russie, qui s’est tenu lundi à Istanbul.

La balance commerciale, qui a atteint près de 26 milliards d’euros cette année, pourrait dépasser les 75 milliards, selon M. Davutoglu. Elle penche nettement en faveur de Moscou. La Russie a été choisie pour construire la première centrale nucléaire turque, près de Mersin, sur la côte méditerranéenne. Elle fournit surtout près des deux tiers des importations de gaz naturel de la Turquie, le deuxième client de Gazprom après l’Allemagne, et s’est dite prête à augmenter les livraisons, cet hiver, pour subvenir aux besoins d’Ankara.

Une dizaine d’accords ont été signés entre les deux délégations en marge de la visite de M. Poutine, dont un renforcement de la coopération en mer Noire, utilisée par la Russie pour ses pipelines.

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