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Les imams jouent aussi un rôle social 18 décembre 2012

Posted by Acturca in France, Immigration, Religion.
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L’Yonne républicaine (France) mardi 18 décembre 2012, p. Nord-07

Cindy Bonnaud

À la rencontre des imams de la mosquée maghrébine et de la mosquée turque de Sens. Les deux mosquées de Sens ont chacune un imam. Ils guident leurs fidèles dans leur quête religieuse. Mais pas seulement.

Ils se font discrets. Pourtant, ils travaillent dans la lumière. Porte-voix d’un islam « modéré et juste », les imams de Sens, implantés aux Chaillots, distillent leur savoir à des centaines de familles musulmanes. « Un imam doit connaître le Coran par cœur, la jurisprudence, les préceptes de l’islam, expliquent Ahmed Idrissi et Rachid Raihi, respectivement président et secrétaire de l’Association culturelle et cultuelle de Sens et de sa région. Mais il doit aussi être capable de guider les fidèles dans la vie. Avoir un rôle éducatif. »

Ces hommes de Dieu n’entendent pas se substituer aux parents, ni à l’école. Ils sont un complément. « Je suis là pour apprendre ou approfondir les connaissances au niveau des pratiques de la religion, souligne Ozturk Mehmet Sani, l’imam de la mosquée turque. Mais aussi enrichir la culture personnelle, apprendre la droiture, le bon geste, la bonne tenue. »

Une caution morale. Gage de « respect, d’intégrité et de tolérance ». « Un exemple », insiste un fidèle. « Il y a beaucoup de jeunes qui viennent à la mosquée et qui faisaient des bêtises avant », confie Rachid Raihi.

L’Association culturelle et cultuelle cherche un cadre musulman depuis deux ans et a un imam par intérim. « Il y a une école à Paris, Saint-Denis, et Château-Chinon, précisent Rachid Raihi et Ahmed Idrissi. Mais c’est insuffisant. »

Le souci majeur reste la langue. Beaucoup ne parlent pas français. « On a une vingtaine de nationalités à la mosquée, poursuit Rachid Raihi. Certains comprennent l’arabe mais beaucoup non. » Des fidèles s’improvisent traducteurs. À la mosquée turque, le problème de recrutement ne se pose pas. L’émissaire vient de Turquie et il s’installe pour quatre ans. Ozturk Mehmet Sani a étudié 11 ans, avant de pouvoir prêcher dans une mosquée. Mais lui non plus ne parle pas français. « Il prend des cours », souligne Bekir Bingul, le fils du président de l’Union islamique des ouvriers turcs sénonais. Il avoue que cet aspect linguistique peut créer un « décalage », voire une distance, surtout avec les jeunes. Cette « génération sacrifiée, un peu perdue ». Trop souvent stigmatisée et discriminée à cause « d’une minorité qui se dit musulmane mais qui a un comportement totalement aberrant », insiste Rachid Raihi.

En tête, les attentats du 11-Septembre ou l’affaire Merah, condamnés par les deux mosquées. « Cette violence est contradictoire avec notre religion. Ça ne fait pas partie de nos valeurs », assure Bekir Bingul. « Il faut accentuer la formation des imams pour montrer notre vrai visage, souligne Ozturk Mehmet Sani. Si le jeune a déjà la tête à moitié pleine d’un islam sain, il ne subira pas de lavage de cerveau. »

Le rôle de la mosquée est encore d’apaiser les consciences. « De dire aux jeunes qu’il faut jongler entre la culture française et sa culture d’origine. S’adapter, explique Rachid Raihi. L’islam est une composante de la France. Le sentiment de rejet est un faux prétexte pour faire des conneries. »

L’imam turc joue au foot

Les imams relaient ce message. Dans les quartiers quand ils le peuvent. « On en a eu un qui était proche des jeunes mais il est parti », regrette Rachid Raihi. Dans le cadre du culte, le plus souvent, en essayant de trouver une approche originale.

Ozturk Mehmet Sani s’est mis au foot depuis un mois. « Ça faisait bizarre au début, sourit Bekir Bingul. Finalement non. Il joue bien, en plus. » Avant, les jeunes de 16-25 ans se rassemblent et discutent. « De la vie en général, de nos soucis. Il insiste sur l’importance des études, nous informe sur les effets néfastes des stupéfiants, la façon de s’adapter dans la société. On a commencé à 10-15, là on est 30-35. Ça nous rapproche. »

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