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Ankara s’ouvre au dialogue avec le PKK 7 janvier 2013

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 21283, lundi 7 janvier 2013, p. 7

Laure Marchand, Istanbul

Le gouvernement islamo-conservateur a entamé des négociations directes avec le chef kurde emprisonné Abdullah Öcalan.
Ankara change de tactique et ne se cache plus de négocier avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour tenter de mettre un terme à un conflit vieux de trois décennies. « Des progrès importants ont été accomplis » lors de discussions avec Abdullah Öcalan, le leader kurde qui purge une peine de prison à vie, a déclaré vendredi Nurettin Canikli, le vice-président du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.

Le gouvernement islamo-conservateur a reconnu la semaine dernière que des pourparlers étaient en cours et a révélé la visite, fin décembre, du chef des services secrets, Hakan Fidan, à Abdullah Öcalan sur l’île-prison d’Imrali, en mer de Marmara. « La lutte armée ne suffit pas à venir à bout » du PKK, a déclaré dans une interview télévisée Yalçin Akdogan, le principal conseiller du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, insistant sur la nécessité « du dialogue ». Il y a quelques années, ce discours aurait été inaudible auprès d’une population chauffée à blanc par la surenchère nationaliste. Les démarches auprès de l’organisation autonomiste se déroulaient dans la plus grande discrétion. Ce n’est qu’après leur échec que les rencontres entre des émissaires gouvernementaux et des cadres du PKK à Oslo, en Norvège, de 2009 à 2011, avaient été divulguées.

Répression

Les négociations directes d’Imrali confirment qu’Abdullah Öcalan, en prison depuis 1999, est incontournable dans tout processus de désarmement des rebelles. En novembre, il avait une nouvelle fois démontré son autorité en faisant cesser une grève de la faim de 68 jours menée par 1 700 prisonniers kurdes qui réclamaient une amélioration des conditions de détention de leur guide. Placé à l’isolement, « Apo » n’a le droit de rencontrer que sa famille et ses avocats. Et encore ces derniers sont-ils empêchés d’accéder à l’île depuis un an et demi, au prétexte d’une récurrente panne du bateau à moteur.

La visite à Imrali, jeudi dernier, de deux députés du Parti pour la paix et la démocratie (BDP), la formation prokurde, est donc perçue comme une ouverture politique du gouvernement. Les parlementaires n’ont pas encore relevé la teneur de leur entrevue. Selon la presse, Ahmet Türk, l’un des deux parlementaires et figure modérée du mouvement, aurait dit avoir « cette fois-ci (…) vraiment de l’espoir ».

Hormis à l’extrême droite, l’initiative gouvernementale a été bien accueillie par la classe politique et les médias. Même si la prudence domine sur la possibilité d’obtenir la paix, alors que le conflit a fait plus de 45 000 morts, essentiellement kurdes, depuis 1984. Éclipsés par la guerre en Syrie et les tensions au Moyen-Orient, les combats n’ont jamais été aussi intenses que ces derniers mois depuis dix ans. Près de 900 tués ont été recensés par International Crisis Group entre juin 2011 et fin novembre 2012. Cengiz Candar, éditorialiste au quotidien Radikal et spécialiste de la question kurde, s’interroge sur « la capacité et le courage politique » du gouvernement « nécessaires à une solution ».

Si assumer ouvertement des tractations avec l’ennemi public numéro un constitue une avancée, quels compromis concrets Ankara est-il prêt à faire en échange de la paix ? Le PKK réclame, entre autres, une autonomie politique pour la région majoritairement kurde dans le sud-est du pays. Un écueil pour l’État turc ultracentralisé. Des droits culturels ont été accordés ces dernières années aux 15 millions de Kurdes du pays. Mais la répression à l’encontre des militants s’est intensifiée depuis 2009. Des milliers sont derrière les barreaux, accusés « d’appartenance à une organisation terroriste ». La semaine dernière, un premier verdict très sévère a condamné 40 opposants à des peines allant jusqu’à 17 ans de prison.

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