jump to navigation

Dans la ferveur de Galatasaray 9 avril 2013

Posted by Acturca in Istanbul, Turkey / Turquie.
Tags: , ,
trackback

L’Équipe (France) Mardi 9 avril 2013, p. 5

Hervé Penot, Istanbul de notre envoyé spécial

En grande difficulté financière il y a encore deux ans, le club de la rive européenne d’Istanbul a retrouvé sa puissance. De quoi satisfaire la folle passion qui l’entoure.

Bienvenue au cœur du stade Ali Sami Yen de Galatasaray (*). Des photos tapissent les murs menant aux vestiaires, comme autant de marques d’intimidation ou de soutien selon les couloirs empruntés… D’un côté, des images d’un cratère en fusion, rougi par les fumigènes, accueilleront les hommes du Real Madrid ; de l’autre, de vieux clichés en noir et blanc rappelleront aux locaux la valeur de leur maillot. « Nos joueurs doivent ressentir ça avant d’arriver sur le terrain, ils revoient là nos plus grandes batailles », explique Sedat Dogan, membre du directoire de ce club omnisports né en 1905 à l’université francophone de Galatasaray.

Pourtant, la folle passion aurait pu s’éteindre, sans l’arrivée de Unal Aysal à la présidence en mai 2011. Après les grands exploits de la fin du siècle dernier, notamment la conquête de la Coupe de l’UEFA en 2000 contre Arsenal (0-0, 4-1 aux t.a.b.), Galatasaray se trouvait étranglé financièrement. Dès sa première saison, Unal Aysal transfère vingt et un joueurs pour apurer les comptes et reprend, surtout, Fatih Terim, entraîneur symbole de la gloire européenne. « Nous avions 73 millions de dollars de dettes (56 M€) mais il y avait son savoir-faire financier (Aysal est un industriel). On a su être patients, comme sur le cas de Drogba. Tout le monde nous dit qu’on a fait vite mais ça fait deux ans qu’on travaille dessus ! », souligne ainsi Bülent Tulun, le coordonnateur sportif. La fierté ne s’arrête pas aux seuls résultats mais s’étend au lien social créé avec les socios. Dogan fouine dans les sites de vidéos sur son ordinateur et ressort les tifos en 3D de ses supporters. Impressionnant. Le Real peut donc s’attendre à une réception bouillante dans cette enceinte de 53 000 spectateurs surnommée aussi « l’Enfer ».

Et Souness planta le drapeau sur la pelouse de Fenerbahçe

Lors du match de groupe contre Manchester United (1-0, 20 novembre), un portrait géant de Fatih Terim pointait ainsi du doigt le chemin vers un succès. Les dirigeants aiment ces symboles. Comme ce jour où Graeme Souness, entraîneur écossais en 1995-1996, avait planté le drapeau de Galatasaray au centre du terrain de Fenerbahçe, l’ennemi intime, après une victoire en Coupe de Turquie. « Ça nous a marqués », insiste Dogan en montrant le film de cette scène invraisemblable. Comme le nul en Championnat (0-0) offrant le titre l’an passé sur la pelouse de ce même « Fener » a ajouté à la légende. « Ils ont éteint la lumière à la fin et on a reçu le trophée à la lumière des caméras de télé sur le terrain », glisse-t-il.

Dogan assure que son club, coté en Bourse depuis cinq ans, possède plus de huit millions de suiveurs sur les réseaux sociaux : « Et nous avons plus de deux millions de clics individuels par mois sur notre site Internet. » Sans compter les 550 000 personnes qui possèdent une carte de crédit, un portable, estampillés « Galatasaray », ou un abonnement à la compagnie d’assurance qui porte son nom.

« C’est important, comme d’avoir créé une télé gratuite pour être proche des gens. En plus, à chaque rencontre, un trophée est donné à un grand ancien de chez nous, dévoile Dogan. Quinze supporters peuvent aussi tirer des penalties avant les matches et 250 ont le droit de prendre des photos depuis la pelouse. En Europe, nous sommes les cinquièmes en termes de revenus générés par le stade avec 195 loges vendues à 100 %. » Alors, plus qu’un club de foot, Galatasaray ? « On représente beaucoup, pour tous les pays musulmans. D’ailleurs, on est le seul pays musulman à avoir gagné un trophée européen. » Il y a peu de chances cependant qu’il récidive cette saison. À moins d’un exploit dans l’enfer d’Ali Sami Yen…

(*) Rebaptisé Turk Telecom Arena

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :