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Nucléaire : Areva et Mitsubishi gagnent une mégacommande en Turquie 3 mai 2013

Posted by Acturca in Economy / Economie, Energy / Energie, France, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) no. 21430, vendredi 3 mai 2013, p. 14

Véronique Le Billon, Yann Rousseau (à Tokyo)

Le gouvernement turc annonce la commande de quatre réacteurs Atmea 1, développés par Areva et Mitsubishi (MHI). Le financement et la construction seront pilotés par un consortium industriel réunissant MHI, Itochu et GDF Suez.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, aura éventé le secret que le gouvernement japonais tentait de garder jusqu’à aujourd’hui pour mettre en scène le succès de la visite à Ankara de Shinzo Abe, le chef du gouvernement nippon. Dans un entretien au quotidien « Nikkei », le dirigeant turc a confirmé hier qu’un consortium franco-japonais avait emporté le contrat de construction de la deuxième centrale nucléaire du pays, dont le coût est évalué à 2.000 milliards de yens, soit près de 16 milliards d’euros.

De nombreux concurrents

Le projet de construction d’une deuxième centrale nucléaire turque a suscité plusieurs offres de la part des Canadiens et de la Corée du Sud. Le chinois CGNPC était le dernier en lice avec le consortium franco-japonais.

Le japonais Toshiba avait aussi candidaté avec la compagnie d’électricité Tepco. Cette dernière s’est retirée quatre mois après l’accident de sa centrale de Fukushima, en 2011.

Réunis depuis 2007 au sein d’Atmea, une coentreprise d’ingénierie qu’ils détiennent à parts égales, Areva et Mitsubishi Heavy Industries vont fournir à la centrale de Sinop, basée sur la mer Noire, quatre exemplaires de leur réacteur de troisième génération Atmea 1, d’une puissance de 1.100 mégawatts (MW). Pour Areva, qui n’avait pas engrangé de commande de réacteur depuis la vente de deux EPR en Chine en 2007, le contrat portera sur la fourniture, avec MHI, des îlots nucléaires, qui représentent traditionnellement plus d’un tiers du coût d’une centrale. La commande devrait donc représenter pour l’industriel français environ 20 % (certains dans le camp français évoquent jusqu’à 30 %) du contrat global, soit plus de 3 milliards d’euros. La première phase sera centrée sur les études, le réacteur étant encore en développement (« Les Echos » du 5 avril). Le financement, la construction et la mise en service du site de Sinop seront organisés par une société de projet associant MHI, la maison de commerce japonaise Itochu et GDF Suez. Ce dernier doit réaliser dans un premier temps des études de faisabilité et des évaluations détaillées des aspects financiers et réglementaires, avant, souhaite-t-il, de devenir l’exploitant de la centrale, associé à un électricien turc. La mise en service des deux premiers réacteurs pourrait être réalisée en 2023-2024 et celle des deux suivants quatre ans plus tard. Une partie des financements pourrait aussi provenir des banques commerciales et publiques japonaises, qui interviennent régulièrement en support des grands projets d’infrastructure développés à l’étranger par les entreprises de l’Archipel.

Une solution complète

Si la technologie franco-japonaise, louée par le Premier ministre turc, a largement pesé dans le processus de décision d’Ankara, les modalités de financement auraient aussi été décisives pour le gouvernement turc, qui cherchait une solution intégrée complète allant jusqu’à une participation à l’exploitation future de la centrale. « Avant tout, ils voulaient acheter du kilowatt », souffle un expert ayant suivi les tractations.

Opposés en phase finale à un consortium chinois emmené par CGNPC, Areva et MHI vont pouvoir pousser leurs offres au Vietnam, en Jordanie et en Argentine, où les gouvernements ont émis de l’intérêt pour l’Atmea 1. Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs indiqué réfléchir à la construction d’une troisième centrale – la première est actuellement développée par un consortium russe – pour laquelle il a appelé les entreprises japonaise et française à être candidates. Le site doit encore être sélectionné. La victoire du consortium franco-japonais marque aussi symboliquement la reprise du développement du parc nucléaire mondial, un peu plus de deux ans après la catastrophe de Fukushima.

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