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L’âme créatrice des trois frères Teymen 17 mai 2013

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Immigration.
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La Montagne (France) vendredi 17 mai 2013, p. 5

Arthur Cesbron

Au royaume du Thiers, un autre couteau continue de pointer le bout de sa lame : le Monnerie. De l’autre côté du manche : les trois frères Teymen, « pris par le virus de la coutellerie » il y a vingt ans et « fiers » d’être présents chaque année au salon Coutellia.

«Coutellia ? C’est un moyen de montrer qu’on existe ». Dans un atelier encaissé dans la vallée de la Durolle, à La Monnerie-le-Montel, Mustafa Teymen touille son café avec une lame de couteau. Cette reconnaissance, lui et ses deux frères l’ont véritablement obtenue en 2009, lors de leur premier salon thiernois de la coutellerie d’art et de tradition.

Ce jour-là, ils y présentent une création : le Monnerie, couteau à la courbe très marquée, « conçue pour la paume de main », et « au cul très large pour qu’il tienne debout sur la table », raconte le benjamin des Teymen, 37 ans.

Au pays du Thiers, le Monnerie réussit alors rapidement à imposer son style. « On lui a donné ce nom car à La Monnerie-le-Montel, il y a beaucoup de fabricants de couteaux fermants, peut-être même plus qu’à Thiers. La commune méritait d’avoir un couteau à son nom. Et à Coutellia, en 2009, on en a vendu une vingtaine en dix minutes ! Ça a tout lancé ».

Tout lancé et donné l’occasion à la famille Teymen de mettre en avant leur patte : sa création. « On tient ça de l’école Navarro », affirment les trois frères en choeur.

Car tous les trois ont monté leurs premiers couteaux, au début des années 90, dans l’entreprise de la fille du célèbre coutelier espagnol Angel Navarro, l’une des grandes figures de la coutellerie thiernoise.

« Quand on parle de Navarro, il y a les idées, l’innovation, note Mevlut, 47 ans. Il était capable de tout faire ». « C’est cette créativité qui nous a tout de suite intéressés dans la coutellerie, renchérit Mustafa, car franchement, au début, c’était juste un boulot. On voulait simplement travailler, surtout moi, puisque j’étais dans une procédure de regroupement familial pour faire venir ma femme de Turquie. Et puis petit à petit, le virus de la coutellerie nous a pris ».

Les trois frères montent alors leur petit atelier, FT (pour Famille Teymen) Créations, en 1996. Puis se lancent dans la conception d’un premier Laguiole, « Le Cobra », puis d’un second, « L’émouleur », du nom de la petite rue où leur atelier est installé.

« On avait un nom de marque à portée de main, autant en profiter », sourit Mustafa. Et dans un univers thiernois de la coutellerie marqué par des entreprises familiales transmises de génération en génération, les trois nouveaux venus font leur trou, jusqu’au succès rencontré par le Monnerie, conçu avec le dessinateur Arnaud Sourgnes, en 2009.

La petite entreprise familiale devient alors MMKA, des initiales des quatre personnes à l’origine de ce couteau. Peu de temps après, en 2011, les Teymen lancent même leur Thiers, caractérisé là encore par un manche un peu plus courbé, et entrent du même coup dans la Confrérie du couteau de Thiers.

Reste que dans leur petit atelier, leur façon de travailler, elle, n’a pas changé, avec des rôles bien définis : si le benjamin Mustafa se charge plutôt de la finition et a toujours le dernier mot, l’aîné Kadir, 49 ans, est davantage tourné vers le montage et le guillochage, qu’il entreprend à la lime pour laisser parler son imagination, quand le troisième, Mevlut, est le roi du polissage.

« Il est connu dans toute la commune pour ça, on l’appelle même le Japonais car il est multifonction et trouve solution à tout », rigole Kadir. Un partage des tâches qui va même au-delà : « Si on a un franc, on le partagera toujours à trois. On se complète parfaitement », lance l’aîné.

Leur complémentarité est aujourd’hui à l’œuvre avec la création de deux nouveaux modèles : un « Touko », petit modèle de poche qui se veut fait « pour les aventuriers », et un « Silifke », du nom d’une ville turque, caractérisé par « une lame presque aussi grande que le manche ».

« Coutellia, pour nous, c’est bien sûr la vente de couteaux, mais l’intérêt est surtout d’y présenter nos nouveautés, pour montrer ce qu’on sait faire, raconte Mustafa. On se sent Thiernois donc quand on fait quelque chose de nouveau, on veut le présenter à Thiers. C’est une fierté, et j’en ai des frissons quand j’en parle ! ».

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