jump to navigation

« Continuer les négociations entre l’Europe et la Turquie » 9 juin 2013

Posted by Acturca in Istanbul, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
Tags: , , , ,
trackback

Le Journal du Dimanche (France) 9 juin 2013, p. 13

Antoine Malo

Le vice-Président du Parti socialiste européen, Jean-Christophe Cambadélis, revient sur le processus d’adhésion d’Ankara à l’Union européenne alors que le pays a connu samedi sa neuvième journée de contestation.

Un dialogue de sourds et une contestation qui ne faiblit pas. La Turquie a connu samedi son neuvième jour de manifestations et rien ne semble indiquer que la crise puisse trouver rapidement son épilogue. Dans tout le pays, des milliers de personnes sont à nouveau descendues dans la rue. A Ankara, les forces de l’ordre ont violemment dispersé la foule en tirant des gaz lacrymogènes et en usant de canons à eau. à Istanbul les manifestants se sont réunis sur la place Taksim et le parc Gezi, dont la destruction programmée a déclenché le mouvement de colère.

Cible des protestataires : toujours et encore Recep Tayyip Erdogan et son autoritarisme. Le Premier ministre a pourtant légèrement adouci son discours vendredi. De son côté, le maire d’Istanbul s’est dit prêt à renoncer à certaines parties du projet d’aménagement de la place Taksim. Mais le collectif d’opposants lui a opposé une fin de non-recevoir. Quelle sera l’issue de ce bras de fer? Quelles en seront les conséquences pour le pays? L’avenir européen d’Ankara s’est-il véritablement obscurci? Jean-Christophe Cambadélis, vice-président du Parti socialiste européen, répond au JDD.

La réaction autoritaire du gouvernement va-t-elle éloigner encore un peu plus la Turquie d’une adhésion à l’Union européenne?

Je ne pense pas. Les couches moyennes anatoliennes ont une volonté d’ouverture sur la Méditerranée et sur l’Europe. Donc, quel que soit le régime, les négociations avec l’Europe doivent se poursuivre. Mais dans ce cadre, il y aura bien sûr des discussions sur la nature du régime.

Mais le Premier ministre, Erdogan, a eu des mots assez durs vendredi envers certains pays européens, notamment la France. Sommes-nous proches d’une rupture?

Erdogan est coutumier du fait. Il a un caractère ombrageux qui ne correspond pas au tempérament turc. C’est une manière de faire porter la responsabilité sur d’autres que lui.

Mais cela pourrait rendre les négociations sur l’adhésion à l’UE encore plus compliquées?

De toute façon, ces discussions sont compliquées. Il y a un certain nombre de volets de discussions, nous n’en avons ouvert que deux. Tout cela va prendre du temps. Et ce, quel que soit le régime.

«Il y avait déjà bien avant des signes d’autoritarisme»La réaction brutale des forces de l’ordre turques montre-t-elle que la Turquie est encore loin d’une adhésion?

Oui. La Turquie avance mais doit encore remplir un certain nombre de critères. Pour autant, la réaction des forces de l’ordre n’a rien à voir avec l’entrée ou non dans l’UE. Elle a surtout à voir avec un régime qui fait un usage disproportionné de la force.

En repoussant sine die l’adhésion turque, l’Europe n’a-t-elle pas poussé ce pays à s’isoler et encouragé ce qui se passe aujourd’hui?

Non, pas du tout. Il est certes regrettable que l’ensemble de l’Europe soit distant vis-à-vis de la Turquie pour des raisons qui n’ont rien à voir avec son régime et tout à voir avec sa religion. Mais je ne crois pas que ce soit l’absence d’avancées dans les discussions sur l’adhésion qui ait conduit le régime turc là où il est. Il y avait déjà bien avant des signes d’autoritarisme que tout le monde avait pu constater.

Comparer le mouvement de contestation actuel en Turquie avec Mai-68 a-t-il un sens?

C’est ce que j’avais fait dès le départ. Il y a une contestation d’un régime autoritaire de la part d’une partie de la société, qui exprime une envie de vivre, de respirer, de retrouver sa liberté. En outre, une jonction commence à se faire avec les salariés du pays. Tout cela ressemble à un grand coup de boutoir pour un gouvernement qui se veut centralisateur, autoritaire et confessionnel.

Mais Erdogan a la légitimité des urnes…

Bien sûr. C’est un homme démocratiquement élu mais qui souhaite centraliser un peu plus le régime. Il veut le présidentialiser, réduire la place du Parlement. Le tout dans un contexte de ralentissement économique, d’un échec de la stratégie diplomatique du « zéro problème avec le voisinage », d’une déception pour une partie de la bourgeoisie anatolienne qui avait espéré une libéralisation au sein de l’AKP. Nous sommes bien là dans les mêmes problèmes que ceux rencontrés en 1968.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :